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FIFA : contesté en Europe, en Asie et en Amérique du Nord, Infantino peut-il compter sur l’Afrique ?

FIFA : contesté en Europe, en Asie et en Amérique du Nord, Infantino peut-il compter sur l’Afrique ?

À quelques mois de l’élection à la présidence de la FIFA, prévue en mars 2027 à Rabat, Gianni Infantino se retrouve au cœur d’une contestation internationale croissante. Alors que plusieurs grandes confédérations prennent leurs distances avec le président de l’instance mondiale, l’Afrique apparaît comme son principal bastion.

La situation s’est fortement tendue depuis l’annonce, fin juillet, du projet baptisé « FIFA Forward Enterprise », qui prévoyait notamment une ouverture de certaines activités commerciales de la FIFA à des investisseurs privés. Le projet a finalement été abandonné, mais la polémique a laissé des traces.

L’Europe en première ligne

Le front le plus critique se trouve en Europe. Plusieurs acteurs du football européen contestent désormais ouvertement la gouvernance d’Infantino et certaines de ses orientations stratégiques.

L’Italie a notamment décidé de ne plus soutenir sa candidature, dans une position annoncée en coordination avec l’UEFA. Ce désengagement constitue un signal politique important pour le président de la FIFA, d’autant plus que l’Italo-Suisse cherche à obtenir un troisième mandat.

À cette contestation européenne s’ajoutent les réserves exprimées par les confédérations asiatique et nord-américaine, réduisant progressivement le cercle des soutiens dont dispose Infantino.

Pourquoi l’Afrique reste fidèle à Infantino

Face à cette fronde, la CAF constitue aujourd’hui un soutien essentiel.

Avec 54 fédérations membres sur les 211 que compte la FIFA, le continent africain représente un poids électoral considérable. Le président de la CAF, Patrice Motsepe, a affirmé début août que le soutien africain à Infantino avait été exprimé « à l’unanimité ».

Cette fidélité ne doit toutefois rien au hasard.

Depuis son arrivée à la tête de la FIFA, Infantino a considérablement renforcé les investissements destinés au développement du football africain. Le programme FIFA Forward, qui finance notamment les infrastructures, les compétitions, la formation et les projets des fédérations, constitue l’un des principaux instruments de cette politique.

Pour de nombreuses fédérations africaines, le rapport avec la FIFA est donc devenu beaucoup plus concret : davantage de ressources, davantage de projets et une représentation renforcée du continent dans certaines compétitions internationales.

Un soutien qui vaut de l’or dans une élection

Pour Infantino, l’enjeu africain dépasse largement la symbolique.

Les 54 voix africaines peuvent peser lourd dans une élection à 211 fédérations. Même si les votes ne se réduisent pas mécaniquement à un simple bloc continental, disposer d’un soutien aussi large constitue un avantage politique majeur.

Le président de la FIFA peut donc aborder l’échéance de Rabat avec un socle électoral potentiellement solide, malgré la contestation venue de plusieurs autres régions.

Mais jusqu’où ira la solidarité africaine ?

C’est probablement la principale inconnue des prochains mois.

Le soutien affiché par la CAF ne signifie pas nécessairement que chaque fédération africaine restera définitivement alignée sur la même position jusqu’au scrutin. Les intérêts nationaux, les relations avec les autres confédérations et les éventuelles candidatures concurrentes pourraient progressivement modifier les rapports de force.

Le véritable test sera donc celui de la capacité d’Infantino à conserver ce bloc africain jusqu’au vote.

Une bataille pour le contrôle du football mondial

Derrière la candidature d’Infantino se joue en réalité une bataille plus large sur le modèle de gouvernance de la FIFA.

D’un côté, ses soutiens mettent en avant les investissements réalisés dans le développement du football et l’ouverture de nouvelles opportunités pour les fédérations. De l’autre, ses adversaires dénoncent certaines orientations jugées trop centralisées et s’interrogent sur la gouvernance de l’organisation.

L’Afrique se retrouve ainsi au centre de cette confrontation.

Si le soutien de la CAF se confirme jusqu’en mars 2027, Infantino disposera d’un rempart électoral considérable. Mais si les divisions internationales finissent par atteindre le continent africain, l’équation de sa réélection pourrait devenir beaucoup plus incertaine.

À Rabat, la question ne sera donc pas seulement de savoir qui veut remplacer Infantino, mais surtout qui contrôlera la majorité des voix nécessaires pour diriger le football mondial pendant les quatre prochaines années.

Sunuker.com Desk Sports

James Dillinger

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