Le Parrainage politique, de plus en plus en Afrique à travers des réformes, suscite des positions assez clivées. Pour les États adoptant une législation sur le parrainage , il s’agit d’un moyen visant à consolider la démocratie représentative. Tandis que pour certains acteurs politiques et citoyens , il s’agit d’un nouveau subterfuge des gouvernants pour exclure la concurrence.
Qu’ est ce que le parrainage et pourquoi y recourir ?
Le parrainage est l’ appui moral prêté par une personne d’autorité à une œuvre , au soutien d’une personne qui demande à être admise dans une société , un ordre.
Ainsi le parrainage est – il la désignation par un élu et/ou un citoyen , d’un candidat à une élection selon la législation électorale en vigueur . Il s’agit par conséquent d’un critère d’éligibilité. Les expériences à ce jour en Afrique : Bénin , Mali , Île Maurice , Rwanda , Sénégal , etc. portant sur le parrainage par un pourcentage minimale d’élus ou de citoyens généralement sur un pourcentage des circonscriptions électorales.
Pour les défenseurs de ce système de parrainage que nous sommes , il est important de rappeler qu’ il constitue l’ une des recommandations fortes de la classe politique , de la société civile et des observateurs internationaux pour la limitation des candidatures fantaisistes « .En d’autres termes , le parrainage est un système de filtrage permettant aux seuls candidats » méritants et qualifiés » de se présenter devant les électeurs. Le parrainage a toujours existé dans l’ architecture électorale du Sénégal et qu ‘ il concernait les candidats indépendants.
C’est en 2017 , au sortir des élections législatives que le Sénégal a opté pour le parrainage à l’élection présidentielle et aux élections législatives par les électeurs citoyens . Une réforme en 2018 l’ a étendu aux candidats des partis politiques ou coalitions de partis et a permis d’augmenter les exigences notamment en nombre et répartition des parrainages.
Il faut par conséquent un nombre compris entre 0,8% et 1% du fichier général répartis sur au moins 7 des 14 régions du pays et à raison de 2000 au moins par région selon la loi N:2018_22 du 04 Juillet 2018 portant révision du Code électoral.
Suite à l’ élection et aux critiques le gouvernement du Sénégal a mis en place une commission Adhoc incluant l’ opposition et la société civile chargée de réfléchir sur la mise en œuvre du parrainage . Ses travaux ont tourné autour des points les plus problématiques retenus par consensus. Il s’agit de : la collecte des signatures , le dépôt et le contrôle des listes de parrainage, le contentieux et les sanctions à l’encontre des auteurs de fraude.
Retenons juste que le parrainage reste un filtre très pertinent contre ces pléthores de candidatures fantasques et qu’ il faut tout simplement l’ encadrer et le rendre inclusif.
Serigne Moustapha Mbacké Diouf Coordonnateur du Mouvement Départemental des Enseignants Républicains de Fatick