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Excision mortelle en Egypte : les parents d’une fillette arrêtés

En Égypte, la police a arrêté quatre personnes dont les parents d’une jeune fille d’une douzaine d’années décédée lors d’une excision, a-t-on appris dans la presse arabe et anglaise. Le médecin qui aurait pratiqué la procédure dans la province d’Asiout est également détenu. Les mutilations génitales féminines ont été interdites en Égypte en 2008, mais le pays a toujours l’un des taux de pratique les plus élevés au monde.

L’incident tragique s’est déroulé dans le village d’Al-Hawatkeh, non loin de la ville d’ Assiout, au bord du Nil dans le centre de l’Egypte.

Une jeune fille d’une douzaine d’années a succombé après avoir subi une opération d’excision dans une clinique privée, selon Abu Dhabi News.

Le médecin et le père de l’enfant victime ont été arrêtés alors que le parquet mène ses enquêtes sur ce crime. La BBC évoque pour sa part 4 arrestations dont la tante et la mère.

La mort de la jeune fille a provoqué la colère du Comité national pour l’élimination des mutilations génitales féminines, créé en mai 2019 dans le but d’éliminer l’excision, et présidé par le le Conseil national pour l’enfance et la maternité et le Conseil national pour les femmes. Lequel a publié une déclaration dans laquelle il condamne « dans les termes les plus énergiques l’incident tragique subi par une fille dans le village d’Al-Hawatkeh ».

Maya Morsi, la présidente du Conseil national des femmes, a exprimé sa profonde colère et ses regrets face au décès d’une nouvelle victime d’excision, dénonçant « l’insistance de certaines familles à sacrifier leurs filles afin de maintenir une pratique sociétale répréhensible ».

Elle a ajouté que la « peine maximale soit infligée à toute personne ayant participé à ce crime odieux contre un enfant afin que cela puisse servir d’exemple à tous ceux qui souhaiteraient répéter ces crimes » et que « la chasteté et la pureté ne sont pas obtenues par l’excision, mais grâce à une bonne éducation et de bonnes mœurs. »

Le Code pénal revu en 2016 prévoit une peine de prison de cinq à sept ans pour toute personne qui a pratiqué l’excision. 

L’Egypte, l’un des pays où l’on excise le plus

Même si le pays a criminalisé les mutilations génitales féminines en 2008 et a augmenté les peines infligées aux personnes procédant aux procédures en 2016 à la suite du décès d’une adolescente, L’Egypte continue à largement pratiquer ce crime. 

Selon l’agence des Nations Unies pour l’enfance, l’Unicef, 87% des filles et des femmes âgées de 15 à 49 ans en Égypte ont subi ce type de mutilations, la moitié des Égyptiens estimant qu’il s’agit d’ « une exigence religieuse ».

N'diawar Diop

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