L’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (Unesco) s’est prononcée ces 19 et 20 septembre 2023 sur l’inscription de nouveaux sites classés au patrimoine mondial de l’Unesco. Sept, qui sont situés en Afrique, ont reçu ce prestigieux label. Pour le Camerounais Lazare Eloundou Assomo, directeur du patrimoine mondial, c’est un signe encourageant. Entretien.
Lazare Eloundou Assomo : Je pense qu’elle progresse vraiment, elle a même été très visible. Parce qu’avec sept biens qui ont été inscrits sur la liste du patrimoine mondial cette fois-ci, on voit que cette session du comité va devenir une référence pour les prochaines années pour l’Afrique. Il y a une dynamique qui semble s’être lancée et qui j’espère va se poursuivre. Les experts africains sont de plus en plus outillés pour préparer de bons dossiers.
Quatre mémoriaux du génocide des Tutsis au Rwanda ont été inscrits. Espérez-vous que cela renforce la connaissance et la mémoire du génocide ?
Le patrimoine mondial veut préserver ces sites pour l’avenir, pour passer ces messages, qui sont des messages de tolérance et de paix, afin que cela ne se reproduise plus. Le Rwanda a réussi à démontrer à quel point son effort aujourd’hui de les préserver est un effort qui va permettre à l’ensemble de la communauté internationale d’être suffisamment sensibilisée sur les dangers du génocide, et pourquoi il ne faudrait plus qu’il y en ait de tels génocides dans le futur. C’est un beau signe que le patrimoine mondial, en reconnaissant ces sites, a donné à la communauté internationale.
Les personnes du monde entier vont venir pour comprendre pourquoi ces sites sont importants et pour apprendre les messages qui sortent de ces différentes inscriptions. Ensuite, le patrimoine mondial va continuer de travailler avec tous ces pays pour leur apporter une assistance qui peut être financière pour renforcer les compétences de tous les gestionnaires des sites, pour les aider à assurer une conservation un peu plus durable. Par exemple, pour les sites naturels, c’est travailler sur les questions de biodiversité. Pour les sites culturels, c’est travailler sur la conservation.
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