Une atmosphère lourde de tristesse et d’émotion a envahi la salle d’audience de la Chambre criminelle du Tribunal de grande instance (TGI) de Kaffrine ce lundi 29 juin 2026. Dans le box des accusés se tenait El Hadji Dieng, un jeune homme né en 2006, poursuivi pour l’homicide volontaire de son propre frère consanguin, M. T. Dieng. Ce procès vient jeter une lumière crue sur une tragédie domestique survenue en décembre 2024 dans le paisible village de Pété, situé dans la région de Kaffrine.
Devant les juges, l’accusé, visiblement brisé par le poids des remords, a retracé le fil de cette journée fatidique. Ce qui n’était au départ qu’une simple broutille quotidienne a basculé en quelques secondes dans l’horreur absolue :
Après avoir accompli ses corvées quotidiennes au forage et s’être occupé du bétail, le jeune El Hadji a voulu utiliser un bidon d’eau pour sa toilette personnelle.
Son frère aîné s’y est farouchement opposé, prétextant que le récipient ne lui appartenait pas.
Face à ce refus, l’accusé s’est rendu dans la cuisine de la concession familiale pour chercher une alternative. C’est là que son regard a croisé un couteau de cuisine.
« J’ai ramassé cette arme blanche uniquement dans l’intention de me défendre, craignant que mon frère ne s’en prenne physiquement à moi », a-t-il maladroitement tenté de justifier face à la Cour. Malheureusement, l’altercation inévitable a éclaté à sa sortie des toilettes, et le coup fatal a été porté.
Alertés immédiatement par le chef de village de Pété, les éléments de la gendarmerie de Kaffrine n’avaient pu que constater les dégâts à leur arrivée. Malgré la prise en charge rapide de la victime, cette dernière a succombé à une profonde blessure thoracique avant l’arrivée des secours.
Lors de son interrogatoire à la barre, le jeune homme de 20 ans n’a pas pu retenir ses larmes. Terrassé par le chagrin, la tête basse, il a partagé son fardeau intime avec l’assistance :
« Je vis chaque jour avec ce poids destructeur dans mon cœur. C’était mon propre sang. Je passe mes journées en détention à prier pour le repos de son âme et à implorer le pardon divin. Jamais je n’ai souhaité sa mort. »
Pour le procureur de la République, l’intention de donner la mort et la matérialité des faits ne souffrent d’aucune contestation. Bien qu’il s’agisse d’une tragédie intrafamiliale, le maître des poursuites a requis une peine particulièrement sévère de 10 ans de réclusion criminelle à l’encontre du jeune El Hadji Dieng.
À la suite des plaidoiries de la défense, qui a plaidé la détresse psychologique et l’absence de préméditation, le président de la Chambre criminelle a ordonné la mise en délibéré de l’affaire. Le verdict final, qui fixera le sort de l’accusé, sera officiellement rendu le 28 juillet 2026.
La Rédaction :sunuker.net
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