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Dissolution de l’Assemblée nationale : Diomaye Faye laisse ouverte l’option d’un retour aux urnes

Dissolution de l’Assemblée nationale : Diomaye Faye laisse ouverte l’option d’un retour aux urnes

Depuis New York, où il participe à la 81e Assemblée générale des Nations unies, le président Bassirou Diomaye Faye a relancé le débat sur l’avenir de l’Assemblée nationale. Interrogé le jeudi 24 septembre 2026 par France 24 et RFI, le chef de l’État n’a pas exclu la possibilité de dissoudre l’institution parlementaire, tout en refusant de présenter cette éventualité comme une décision déjà arrêtée.

À la question de savoir ce qui pourrait l’empêcher de recourir à cette prérogative, Bassirou Diomaye Faye a répondu par une interrogation qui résume sa position : « Pourquoi exclure une prérogative dont on est investi par la Constitution ? » Le président sénégalais a toutefois immédiatement nuancé son propos, indiquant que le recours à la dissolution dépendrait du contexte et de la nécessité du moment.

« Tout est question de nécessité ou de contexte. Le moment venu, selon ce que l’on aurait en face, on décidera », a-t-il expliqué. Le chef de l’État affirme vouloir prendre toute décision en fonction de « l’intérêt supérieur de la nation » et de la nécessité de préserver « la fluidité dans la communication entre les institutions ».

Cette déclaration intervient dans un contexte institutionnel profondément remanié depuis le mois de mai. Le 22 mai 2026, Bassirou Diomaye Faye avait mis fin aux fonctions d’Ousmane Sonko comme Premier ministre et dissous le gouvernement. Ahmadou Al Amine Lô lui a ensuite succédé à la Primature.

Quatre jours après son départ du gouvernement, Ousmane Sonko a retrouvé son siège de député avant d’être élu président de l’Assemblée nationale le 26 mai 2026. Il avait obtenu 132 voix sur 133 suffrages exprimés. Cette nouvelle configuration place désormais à la tête des deux principales institutions politiques de l’État deux anciens partenaires dont les relations se sont considérablement tendues depuis leur arrivée au pouvoir en avril 2024.

L’enjeu parlementaire est d’autant plus important que les élections législatives anticipées du 17 novembre 2024 avaient donné à Pastef une majorité de 130 députés sur les 165 sièges de l’Assemblée nationale. Les résultats définitifs avaient été confirmés par le Conseil constitutionnel.

Depuis la recomposition politique du printemps 2026, l’Assemblée nationale est ainsi devenue un espace central du rapport de forces institutionnel. Sous la présidence d’Ousmane Sonko, plusieurs initiatives parlementaires ont été engagées, notamment dans le cadre des sessions extraordinaires consacrées à différents textes et à la mise en place de commissions d’enquête.

Dans son entretien depuis New York, Bassirou Diomaye Faye n’a pas directement annoncé une dissolution. Il a plutôt choisi de maintenir cette possibilité dans le champ des décisions futures. Cette nuance est importante : aucune date d’élections législatives anticipées n’a été annoncée à ce stade. Le président a d’ailleurs déclaré qu’il n’y avait pas encore de calendrier arrêté pour une éventuelle dissolution.

Le calendrier constitutionnel donne toutefois une dimension particulière à ses propos. L’article 87 de la Constitution dispose que le président de la République peut, après avoir recueilli l’avis du Premier ministre et du président de l’Assemblée nationale, prononcer par décret la dissolution de l’Assemblée. Mais le même article précise que cette dissolution ne peut intervenir durant les deux premières années de la législature. Le décret doit par ailleurs fixer la date des élections, lesquelles doivent se tenir entre 60 et 90 jours après sa publication.

La 15e législature issue des élections du 17 novembre 2024 a été officiellement installée le 2 décembre 2024. Le délai constitutionnel de deux ans arrive donc à échéance le 2 décembre 2026. Autrement dit, à partir de cette date, le chef de l’État disposera juridiquement de la possibilité d’envisager une dissolution, sous réserve du respect de la procédure constitutionnelle.

Cette précision corrige une approximation contenue dans certaines premières lectures du sujet, qui évoquaient le mois de novembre. Le point de départ juridiquement pertinent est l’installation de la législature, et non la seule date du scrutin législatif de novembre 2024.

Le choix d’une éventuelle dissolution resterait néanmoins lourd de conséquences institutionnelles. Une dissolution provoquerait l’organisation de nouvelles élections législatives dans un délai constitutionnel de 60 à 90 jours. Elle pourrait donc entraîner une nouvelle recomposition de l’Assemblée nationale et modifier le rapport de forces entre l’exécutif, Pastef et les autres formations politiques.

Mais aucune conclusion ne peut être tirée aujourd’hui sur l’issue d’un éventuel scrutin. Les résultats de novembre 2024 constituent un précédent important, puisque Pastef avait alors obtenu 54,97 % des suffrages exprimés et 130 sièges sur 165. Une nouvelle élection, si elle devait avoir lieu, constituerait cependant un scrutin distinct, avec ses propres enjeux, candidats et rapports de forces.

La question d’une dissolution se retrouve ainsi au cœur d’un débat plus large sur le fonctionnement des institutions sénégalaises. D’un côté, le président affirme vouloir préserver la continuité de l’État et la « fluidité » entre les institutions. De l’autre, l’Assemblée nationale est dirigée par Ousmane Sonko, qui demeure le principal responsable politique de Pastef au sein de l’hémicycle.

Pour l’heure, Bassirou Diomaye Faye ne ferme donc aucune porte. Il ne promet ni dissolution ni maintien définitif de l’actuelle Assemblée. Son message depuis New York est plutôt celui d’une décision renvoyée au contexte politique et institutionnel des prochains mois.

Une chose est désormais claire : à partir du 2 décembre 2026, la dissolution de l’Assemblée nationale entrera pleinement dans le champ des possibilités constitutionnelles du président de la République. Reste à savoir si les conditions politiques

James Dillinger

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