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Détroit d’Ormuz : Washington et Téhéran proches d’un nouvel accord, Islamabad pousse pour une sortie de crise

Détroit d’Ormuz : Washington et Téhéran proches d’un nouvel accord, Islamabad pousse pour une sortie de crise

Les États-Unis et l’Iran seraient proches d’un nouvel arrangement sur le détroit d’Ormuz, selon le ministre pakistanais de la Défense. Alors que la liberté de navigation reste au cœur du bras de fer entre Washington et Téhéran, le Pakistan intensifie sa médiation. Le Qatar affirme de son côté que les discussions entre l’Iran et Oman sur la réouverture d’une partie du trafic maritime sont entrées dans une phase avancée.

Un nouveau signe d’apaisement dans le bras de fer entre Washington et Téhéran ?

Le ministre pakistanais de la Défense, Khawaja Asif, a affirmé mardi 11 août que les États-Unis et l’Iran étaient proches de parvenir à « une sorte d’arrangement » concernant le détroit d’Ormuz. Interrogé par Bloomberg, le responsable pakistanais a estimé que les signaux observés ces derniers jours évoluaient en faveur d’un règlement pacifique.

« Les choses évoluent en faveur de la paix », a déclaré Khawaja Asif, ajoutant que les développements des deux ou trois derniers jours laissaient penser que Washington et Téhéran étaient proches d’un accord. Le ministre n’a toutefois fourni aucun détail sur la nature exacte d’un éventuel compromis.

À ce stade, il ne s’agit donc pas d’un accord final annoncé par les deux parties, mais d’un signal diplomatique jugé encourageant par Islamabad.

Le Pakistan intensifie sa médiation

Ces déclarations interviennent alors que le Pakistan multiplie les démarches diplomatiques pour tenter de débloquer la situation.

Le ministre pakistanais de l’Intérieur, Mohsin Naqvi, se trouve actuellement à Téhéran où il doit rencontrer des responsables iraniens. Selon une source gouvernementale pakistanaise citée par Anadolu, il doit présenter de nouvelles propositions destinées à faciliter une sortie de crise autour d’Ormuz.

Le Premier ministre Shehbaz Sharif et le chef de l’armée, le maréchal Asim Munir, participent eux aussi aux efforts de médiation.

Islamabad tente ainsi de se positionner comme un intermédiaire entre Washington et Téhéran, alors que le maintien du blocage autour d’Ormuz menace de prolonger les perturbations du commerce maritime et des marchés énergétiques.

Oman au cœur des discussions sur la navigation

Le Pakistan n’est toutefois pas le seul acteur régional engagé dans les négociations.

Le Qatar a indiqué mardi que les discussions entre l’Iran et Oman sur la réouverture du détroit d’Ormuz à une partie du trafic maritime étaient arrivées à un « stade avancé ». Le porte-parole du ministère qatari des Affaires étrangères a décrit les discussions comme se trouvant à un moment particulièrement important.

Le rôle d’Oman est particulièrement important. Le sultanat entretient depuis longtemps des relations avec Téhéran et Washington et a régulièrement servi d’intermédiaire dans les discussions entre les deux pays.

La question de la navigation ne se limite donc pas à un face-à-face entre Washington et Téhéran : plusieurs capitales régionales participent désormais à la recherche d’un mécanisme permettant de sécuriser progressivement le trafic maritime.

Ormuz, le principal verrou de la désescalade

Le détroit d’Ormuz est au centre de la crise.

Situé entre l’Iran et Oman, ce passage maritime constitue l’une des principales voies d’acheminement des hydrocarbures produits dans le Golfe vers les marchés mondiaux.

Son fonctionnement est donc déterminant pour les exportations pétrolières et gazières de plusieurs pays du Moyen-Orient, mais aussi pour les coûts de transport et les prix mondiaux de l’énergie.

La question de sa réouverture figure déjà au cœur du protocole d’accord conclu le 17 juin entre Washington et Téhéran.

Selon le texte du mémorandum, l’Iran s’était engagé à faciliter le passage sécurisé des navires commerciaux pendant une période de 60 jours, tandis que les États-Unis devaient progressivement mettre fin à leur blocus naval. Le document prévoyait également l’ouverture de négociations destinées à aboutir à un accord définitif.

Mais la mise en œuvre de cet arrangement a été fragilisée par les tensions militaires et les désaccords persistants entre les deux pays.

Un précédent accord qui reste fragile

Le 17 juin, Washington et Téhéran avaient conclu un mémorandum d’entente destiné à mettre fin aux hostilités et à ouvrir la voie à un règlement plus durable.

L’accord prévoyait notamment un arrêt des opérations militaires, une réouverture progressive d’Ormuz et une période de négociations pouvant aller jusqu’à 60 jours pour parvenir à un accord définitif.

Mais quelques jours plus tard, les tensions ont de nouveau éclaté.

Fin juin, les deux camps avaient accepté de suspendre les hostilités et de reprendre les discussions consacrées notamment à Ormuz. Un responsable américain cité par Reuters indiquait alors que les négociations techniques devaient se poursuivre et que les navires pourraient de nouveau circuler librement.

La situation est cependant restée extrêmement instable.

C’est dans ce contexte que les discussions actuelles prennent une importance particulière : il ne s’agit plus seulement de prolonger un cessez-le-feu, mais de trouver un mécanisme suffisamment solide pour garantir durablement la circulation maritime.

Washington et Téhéran restent pourtant très éloignés

L’optimisme affiché par Islamabad ne doit toutefois pas être confondu avec la conclusion imminente d’un accord définitif.

Les principaux points de désaccord restent nombreux, notamment sur les garanties de sécurité, les sanctions américaines, les conditions de navigation et les modalités d’application des engagements pris par chaque partie.

Le dossier nucléaire iranien constitue également un élément majeur des négociations plus larges entre Washington et Téhéran.

Le mémorandum de juin prévoyait justement que les discussions ultérieures portent sur plusieurs questions, dont les sanctions et les conditions permettant d’aboutir à un accord final.

La réouverture d’Ormuz pourrait donc constituer un premier test concret de la capacité des deux pays à mettre en œuvre les engagements négociés.

Un enjeu qui dépasse largement le Moyen-Orient

La situation autour du détroit ne concerne pas seulement les pays riverains du Golfe.

Toute perturbation prolongée de la circulation maritime peut avoir des répercussions sur les prix du pétrole, les coûts du fret, les assurances maritimes et les chaînes d’approvisionnement mondiales.

C’est pourquoi les signes de détente observés ces derniers jours sont suivis de près par les marchés.

Le moindre espoir d’une réouverture durable du détroit peut contribuer à réduire les craintes concernant l’approvisionnement énergétique. À l’inverse, une nouvelle escalade entre les États-Unis et l’Iran pourrait provoquer une nouvelle poussée d’incertitude sur les marchés pétroliers.

Le dossier d’Ormuz possède ainsi une double dimension : géopolitique et économique.

Islamabad veut transformer son influence en résultat diplomatique

Pour le Pakistan, l’enjeu est également stratégique.

En intensifiant ses contacts avec Téhéran et en maintenant des canaux de communication avec les autres acteurs de la crise, Islamabad cherche à jouer un rôle de médiateur dans un conflit qui pourrait avoir des conséquences directes sur la stabilité régionale.

Les déclarations de Khawaja Asif montrent que les autorités pakistanaises estiment que des progrès sont désormais possibles.

Mais le ministre reste prudent sur le contenu de l’éventuel compromis.

Aucun texte définitif n’a été rendu public et ni Washington ni Téhéran n’ont annoncé à ce stade un accord final correspondant à l’optimisme exprimé par Islamabad.

Le prochain test : la circulation des navires

La véritable mesure d’un éventuel rapprochement sera donc concrète : les navires pourront-ils effectivement reprendre une circulation régulière, prévisible et sécurisée à travers Ormuz ?

Les discussions entre l’Iran et Oman pourraient fournir une première réponse.

Si un mécanisme de navigation est conclu et appliqué, il pourrait contribuer à rétablir progressivement la confiance et créer les conditions nécessaires à une reprise plus large des négociations américano-iraniennes.

Dans le cas contraire, les déclarations optimistes de ces dernières heures risquent de rester sans lendemain.

Pour l’heure, une fenêtre diplomatique semble s’être rouverte.

Washington et Téhéran ne sont pas encore parvenus à un accord définitif, mais Islamabad affirme que les deux camps s’en rapprochent. Oman tente parallèlement de faciliter la reprise du trafic maritime et le Qatar décrit les discussions comme étant à un stade avancé.

Après des semaines de confrontation, le détroit d’Ormuz pourrait ainsi redevenir le lieu où se jouera la prochaine étape de la désescalade.

Mais dans une crise aussi fragile, la différence entre un signal d’espoir et un véritable accord reste considérable.

James Dillinger

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