Le mariage est souvent présenté comme le début d’une nouvelle étape de la vie à deux. On parle de projets, de logement, d’enfants, de finances et de santé. Mais un sujet reste parfois difficile à aborder : celui des infections sexuellement transmissibles, ou IST.
Faut-il faire un dépistage avant le mariage ? Est-il nécessaire de recommencer les tests quelques années plus tard ? Et quels examens faut-il réellement demander ?
La réponse n’est pas simplement « oui » ou « non ». Le dépistage doit surtout être considéré comme un outil de prévention et de protection de la santé des deux partenaires, et non comme un moyen de soupçonner ou de juger l’autre.
Certaines IST peuvent évoluer pendant longtemps sans provoquer de symptômes. Une personne peut donc se sentir parfaitement bien tout en étant porteuse d’une infection et éventuellement la transmettre à son partenaire. L’Organisation mondiale de la santé estime que plus d’un million d’IST curables sont contractées chaque jour dans le monde chez les 15-49 ans, et souligne que la majorité sont asymptomatiques.
Un bilan avant le mariage peut donc permettre à chacun de connaître son statut de santé sexuelle et, lorsqu’une infection est détectée, de bénéficier rapidement d’une prise en charge.
Il peut notamment être pertinent de discuter avec un professionnel de santé du dépistage du VIH, de la syphilis, de l’hépatite B, de l’hépatite C, de la chlamydia ou de la gonorrhée, selon la situation personnelle. Tous ces examens ne sont toutefois pas automatiquement nécessaires pour tout le monde. Les recommandations varient notamment selon l’âge, les antécédents, les pratiques sexuelles et les facteurs de risque.
C’est un point essentiel.
Un dépistage effectué quelques semaines avant le mariage renseigne principalement sur la situation au moment du test et doit être interprété en fonction de la période entre une éventuelle exposition et la capacité du test à détecter l’infection.
Un résultat négatif ne signifie donc pas qu’une personne ne pourra jamais contracter une IST par la suite.
De même, si les deux partenaires ont été testés négatifs et vivent ensuite dans une relation mutuellement monogame sans nouvelle exposition, il n’existe pas une règle générale imposant de refaire chaque année toute une batterie de tests. La fréquence du dépistage dépend du profil de risque et des recommandations médicales. Le CDC souligne précisément que le choix des tests et leur fréquence dépendent notamment de l’âge, du lieu de résidence, de l’histoire sexuelle, des pratiques et des éventuels symptômes.
Plusieurs situations peuvent justifier un nouveau dépistage.
C’est notamment le cas lorsqu’un partenaire a eu une nouvelle exposition à risque, lorsqu’une relation n’est plus exclusivement monogame, lorsqu’un partenaire reçoit un diagnostic d’IST ou lorsqu’apparaissent des symptômes inhabituels.
Un dépistage peut également être indiqué pendant une grossesse. Le suivi prénatal comprend notamment des recherches d’infections telles que le VIH et la syphilis, avec d’autres examens selon la situation de la femme enceinte et les recommandations locales.
Certaines personnes doivent par ailleurs bénéficier d’un dépistage plus régulier en raison de leur niveau d’exposition. Par exemple, les recommandations du CDC prévoient des dépistages au moins annuels pour certaines populations sexuellement actives présentant des risques particuliers, avec des intervalles pouvant être plus rapprochés lorsque le risque est élevé.
C’est justement l’une des raisons pour lesquelles le dépistage peut être utile.
L’absence de douleur, de démangeaisons, de pertes inhabituelles ou de lésions ne permet pas d’exclure une IST. Certaines infections peuvent rester silencieuses. L’OMS recommande d’ailleurs de renforcer les stratégies permettant d’identifier les infections asymptomatiques dans les populations et contextes où le dépistage est indiqué.
Il ne faut donc pas attendre l’apparition de symptômes pour consulter lorsque l’on sait qu’une exposition à risque a eu lieu.
Le sujet peut être délicat. Certains peuvent interpréter une demande de dépistage comme une accusation d’infidélité. Pourtant, la démarche peut être présentée autrement : deux personnes qui se marient peuvent simplement décider de faire ensemble un bilan de santé sexuelle avant de commencer leur vie conjugale.
Cette discussion peut même permettre d’aborder d’autres sujets importants : vaccination contre l’hépatite B et le papillomavirus lorsque celle-ci est indiquée, contraception, projet de grossesse, antécédents médicaux et dépistages recommandés selon l’âge.
L’objectif n’est pas de contrôler le passé sexuel de son partenaire, mais de prendre des décisions éclairées concernant sa propre santé et celle du couple.
Un résultat positif ne signifie pas nécessairement qu’une relation est compromise ou qu’un partenaire a été infidèle.
Certaines infections peuvent avoir été contractées longtemps auparavant et rester silencieuses. Il faut donc éviter de tirer immédiatement des conclusions sur l’origine ou la date de contamination.
La priorité est médicale : confirmer le résultat lorsque cela est nécessaire, recevoir le traitement approprié et discuter avec le professionnel de santé des mesures à prendre pour protéger le partenaire. Pour certaines IST, le traitement des partenaires est également une composante importante de la prise en charge afin d’éviter les réinfections.
Il n’existe pas une « analyse complète du mariage » identique pour tout le monde, ni une obligation médicale de refaire systématiquement tous les tests chaque année.
En revanche, un dépistage avant le mariage peut être une démarche de prévention raisonnable, particulièrement lorsque les futurs époux souhaitent connaître leur statut et discuter ouvertement de leur santé sexuelle. Après le mariage, la nécessité de renouveler les examens dépend de la situation de chacun : nouvelle exposition, symptômes, grossesse, antécédents ou facteurs de risque.
Le plus important reste de ne pas avoir honte de se faire dépister. Les IST sont des infections médicales comme les autres. Les détecter tôt permet souvent d’agir plus rapidement et de réduire le risque de complications et de transmission.
Avant le mariage comme au cours de la vie conjugale, connaître son statut, parler ouvertement avec son partenaire et demander conseil à un professionnel de santé en cas de doute constituent des réflexes de prévention plutôt que des signes de méfiance.
Sunuker News Desk
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