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Dépasser les clivages partisans pour une Loi de finances rectificative sincère

Le rejet récent du projet de Loi de finances rectificative (LFR) 2026 par l’Assemblée nationale met en lumière de profondes divergences entre l’Exécutif et le groupe majoritaire Pastef. Face à ce bras de fer institutionnel, les sorties médiatiques et conférences de presse se multiplient de part et d’autre, peinant toutefois à apaiser les tensions budgétaires.
À l’analyse de cette situation, il apparaît urgent de s’affranchir du « raisonnement motivé » – ce biais cognitif qui pousse chaque camp politique à légitimer ses propres choix tout en minimisant les contradictions. Si chaque discours parvient à galvaniser ses partisans, la réalité macroéconomique du pays impose quant à elle de regarder les chiffres en face, loin des calculs partisans.

Dissocier l’exercice 2026 de la programmation 2027

L’écueil majeur de ce débat réside dans la confusion entretenue entre l’exécution budgétaire de l’année en cours et la programmation des investissements pour l’exercice à venir. À l’approche de la fin de l’année 2026, la LFR ne doit plus relever de simples projections, mais refléter la stricte réalité de l’exécution budgétaire.
Une démarche rigoureuse exige d’annuler les autorisations d’engagement qui sont devenues sans objet pour cette fin d’année, tout en reportant la programmation des investissements prioritaires vers la Loi de finances initiale (LFI) 2027.

Transparence et rigueur dans l’ajustement budgétaire

Pour y parvenir, le gouvernement est invité à fournir à la représentation nationale une cartographie financière transparente, détaillant :
  • Les autorisations d’engagement consommées ;
  • Le volume des autorisations encore disponibles ;
  • Les crédits de paiement effectivement liquidés et ceux susceptibles d’être reportés.
Si les données d’exécution arrêtées à fin août et transmises au Fonds monétaire international (FMI) s’avèrent exactes, le rythme des quatre derniers mois ne pourra absorber l’enveloppe initiale de la LFR, d’autant que la réglementation encadre strictement les reports de crédits. Par conséquent, le déficit budgétaire projeté devrait accuser une baisse salutaire.

Vers un compromis indispensable avec le FMI

Les marges budgétaires ainsi dégagées offriraient l’opportunité d’apurer les arriérés de paiements de l’État – une priorité absolue avant d’envisager de nouveaux investissements – ou de sécuriser le financement global de l’année en cours.
En somme, l’élaboration d’une LFI 2027 crédible et sincère est indissociable d’une LFR 2026 réaliste. C’est à ce prix, adossé à des documents annexes rigoureusement actualisés (rapports économiques, stratégie d’endettement et maîtrise du déficit autour de 3 % du PIB), que le Sénégal pourra consolider ses équilibres financiers et emporter l’adhésion de ses partenaires techniques et financiers.
La Rédaction