Le transport urbain sénégalais amorce une nouvelle étape avec l’introduction des premiers taxis entièrement électriques à Dakar. Présentés au Centre international du commerce extérieur du Sénégal (CICES), ces véhicules constituent le premier jalon d’un vaste programme qui prévoit la mise en circulation de 1 000 taxis électriques d’ici le premier trimestre 2027, avec une première série de 500 véhicules attendue avant la fin de 2026.
L’initiative est portée conjointement par la Banque pour le commerce et l’industrie (BCI), le Fonds de développement des transports terrestres (FDTT) et l’Office national de formation professionnelle (ONFP). Pour le lancement du programme, 100 véhicules ont été remis, ouvrant la voie à une transformation progressive du parc de taxis dakarois.
À plus long terme, les promoteurs affichent une ambition beaucoup plus importante : atteindre 10 000 véhicules électriques à l’horizon 2030.
L’un des principaux enjeux du projet réside dans le mode d’acquisition des véhicules. Plutôt que d’imposer aux chauffeurs un achat immédiat, le programme prévoit un système de crédit-bail, ou leasing.
Concrètement, la banque finance le véhicule et le chauffeur verse progressivement les mensualités prévues. Au terme d’une période de quatre ans, il pourra devenir propriétaire du taxi, selon les modalités du contrat.
Le directeur général de la BCI, Papa Massal Dièye, a souligné l’importance du financement dans cette transition vers une mobilité urbaine plus moderne.
La banque prévoit également de participer au financement des infrastructures nécessaires au fonctionnement du parc, notamment les stations et équipements de recharge rapide.
Les premiers modèles présentés sont des Geely EX2 Pro, des véhicules entièrement électriques dont l’autonomie annoncée dépasse les 400 kilomètres.
Le passage à l’électrique ne concerne pas uniquement les véhicules. Le programme prévoit également une sélection et une formation spécifiques des chauffeurs.
Selon les informations communiquées par les promoteurs, plus de 150 candidats ont déjà été évalués.
Plusieurs conditions sont prévues pour accéder au programme. Les candidats doivent notamment être âgés de 25 à 55 ans, justifier d’au moins deux années d’expérience professionnelle continue comme chauffeur et disposer d’un permis de conduire de catégorie B.
Un historique de conduite ainsi qu’un casier judiciaire datant de moins de trois mois font également partie des documents demandés.
Cette sélection vise à constituer un réseau de chauffeurs répondant aux exigences liées à la nouvelle génération de véhicules et aux standards de service associés au projet.
Les chauffeurs retenus devront suivre un programme de formation comprenant trois modules répartis sur une période de dix jours.
Ils devront ensuite réussir différents tests afin d’obtenir les certificats d’aptitude prévus dans le cadre du dispositif.
L’évaluation ne porte pas uniquement sur la maîtrise de la conduite. Des contrôles liés notamment à la vision, aux réflexes et aux antécédents médicaux sont également prévus dans le processus de sélection.
L’objectif affiché est de préparer les chauffeurs aux particularités de la conduite d’un véhicule électrique et aux exigences de sécurité associées.
Le programme prévoit également plusieurs mécanismes de protection sociale.
Les chauffeurs devraient bénéficier d’une couverture retraite, d’une assurance maladie étendue à leurs familles ainsi que d’une assurance tous risques pour les véhicules.
La BCI annonce par ailleurs la prise en charge de la maintenance des taxis et la mise en place d’un salaire fixe présenté comme supérieur à la moyenne observée dans le secteur.
Cette approche vise à faire évoluer le statut traditionnel du chauffeur de taxi en l’intégrant dans un modèle plus structuré, combinant emploi, protection sociale et accès progressif à la propriété du véhicule.
Au-delà du renouvellement du parc automobile, l’un des arguments avancés en faveur des taxis électriques concerne le coût d’exploitation.
Les promoteurs du programme estiment que l’électricité pourrait revenir trois à cinq fois moins cher au kilomètre que les carburants conventionnels. Ils annoncent également une réduction potentielle de plus de 50 % des dépenses liées à la maintenance.
Les véhicules présentés disposent par ailleurs de la climatisation, de systèmes de sécurité et de dispositifs de géolocalisation GPS.
Si ces estimations se confirment à l’usage, l’électrification du parc pourrait modifier progressivement l’économie du transport individuel à Dakar, tout en contribuant à réduire les émissions liées aux véhicules thermiques.
Le lancement des 100 premiers taxis ne représente donc que la première étape d’un programme beaucoup plus vaste.
L’objectif fixé est d’atteindre 1 000 véhicules au premier trimestre 2027, dont 500 devraient être livrés avant la fin de l’année 2026. À l’horizon 2030, les promoteurs ambitionnent de porter le parc à 10 000 taxis électriques.
Pour Mbassor Sarr, conseiller technique du directeur général de la BCI, cette initiative s’inscrit dans la volonté des autorités sénégalaises de construire une mobilité « moderne, propre et accessible ».
Le défi sera désormais de transformer cette première expérimentation en un véritable changement d’échelle : développer les infrastructures de recharge, assurer la disponibilité des véhicules et des pièces, accompagner les chauffeurs et garantir un modèle économique durable.
Avec ces premiers taxis électriques, Dakar commence ainsi à tester une nouvelle conception de la mobilité urbaine. Reste à savoir jusqu’où cette transition pourra s’étendre et à quelle vitesse les taxis électriques pourront progressivement s’imposer dans les rues de la capitale.
Par Sunuker News Desk
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