Le bras de fer se durcit entre les professionnels de la santé et les nouvelles autorités sénégalaises. L’Alliance des Syndicats Autonomes de la Santé (ASAS) And Gueusseum, qui regroupe de puissantes organisations comme le SUTSAS, le SUDTM ou la CNTS Santé, passe à la vitesse supérieure. Après avoir dressé le bilan de son 11ème plan d’actions — dont le taux de participation a dépassé les 98 % selon ses leaders —, le collectif vient de décréter son 12ème plan d’actions. Ce dernier sera marqué par un mot d’ordre de grève totale de 48 heures prévue les jeudi 23 et vendredi 24 juillet 2026.
Ce nouveau mouvement d’humeur s’annonce particulièrement lourd de conséquences pour les patients. Contrairement aux précédentes mobilisations, l’Alliance a décidé de radicaliser sa position : les urgences ne seront pas prises en charge et aucun service minimum ne sera assuré dans les structures sanitaires publiques du pays durant ces deux jours.
Au-delà de la cessation temporaire de travail, le mot d’ordre inclut la poursuite du boycott des activités extra-muros liées au Programme national de lutte contre la tuberculose (PNT), ainsi que le gel des missions de supervision et de coordination. L’organisation brandit également la menace d’une rétention globale des données et informations sanitaires si l’exécutif persiste dans son inertie.
La principale pomme de discorde demeure la matérialisation des accords résiduels signés en 2022 avec le précédent régime. And Gueusseum reproche au gouvernement du Premier ministre et au ministre de la Fonction publique de tarder à concrétiser les engagements financiers pris, en particulier l’élargissement et la revalorisation de la prime de logement au bénéfice de l’ensemble des agents contractuels des Établissements publics de santé (EPS), des agents du ministère de la Santé et des travailleurs des collectivités territoriales.
S’exprimant au micro d’iRadio, la porte-parole de l’organisation, Adja Ndiaye, a fustigé l’attitude du gouvernement face aux revendications légitimes des travailleurs. Elle a vivement dénoncé les ponctions salariales effectuées sur les revenus des agents ayant observé les précédents mots d’ordre de grève :
« Nous rappelons au gouvernement que la grève est une suspension temporaire du contrat de travail. Malgré tous les efforts consentis en privilégiant l’intérêt des populations, alors que nous ne sommes pas tenus d’assurer les urgences et le service minimum, le gouvernement continue à ponctionner arbitrairement nos salaires. »
Le collectif syndical n’a pas manqué d’égratigner les sorties des autorités de la Fonction publique qui agitent des menaces de sanctions contre les grévistes. Pour And Gueusseum, il est paradoxal que l’État cherche à punir des agents exerçant un droit constitutionnel alors qu’il est lui-même en défaut de matérialiser les protocoles signés.
En appelant l’opinion publique nationale et internationale à témoin sur la dégradation du dialogue social, la porte-parole a conclu avec une formule tranchante : « L’État doit gouverner, l’opposition doit s’opposer, mais les syndicats doivent revendiquer ». Les prochains jours s’annoncent décisifs pour le secteur de la santé publique, suspendu à une éventuelle reprise des négociations pour éviter le pire à la fin du mois.
La Rédaction : sunuker.net
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