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Cher Matar Sène, par NDIAWAR DIOP

Votre analyse met en avant des problématiques réelles de la politique sénégalaise, notamment les attentes souvent irréalistes des citoyens vis-à-vis de leurs élus et la pression sociale qui pèse sur la gestion des ressources publiques. Toutefois, il est évident que votre propos est biaisé et teinté d’une approche purement partisane, qui tente d’exonérer les responsables actuels de leurs propres dérives tout en attribuant les dysfonctionnements à la population ou à une culture politique ancrée.

D’abord, votre texte semble minimiser les responsabilités directes des politiciens eux-mêmes dans l’entretien de cette culture du clientélisme. Vous dénoncez les « pressions populaires » mais oubliez de mentionner que ce sont bien les hommes politiques – y compris ceux du Pastef – qui ont toujours joué ce jeu pour accéder et se maintenir au pouvoir. Ce ne sont pas les citoyens qui ont inventé la corruption, les promesses électoralistes irréalisables ou la distribution opportuniste de privilèges.

Ensuite, votre appel à la « rupture » sonne creux lorsque l’on sait que ceux qui sont actuellement au pouvoir ont utilisé les mêmes pratiques pour y parvenir. Qu’est-ce qui a changé depuis l’accession de votre parti à la gestion de l’État ? La transparence dont vous parlez est-elle réellement mise en œuvre, ou assiste-t-on plutôt à une redistribution des privilèges au profit d’une nouvelle élite politique sous couvert d’un discours populiste ?

Enfin, votre référence à la nécessité de « restaurer l’école du parti » révèle une volonté de formatage idéologique des militants. Ce type d’approche, qui rappelle les méthodes des partis uniques d’antan, vise-t-il réellement à élever le débat public ou simplement à renforcer la mainmise du Pastef sur la pensée politique nationale ? L’engagement politique ne devrait pas se limiter à une doctrine de parti, mais s’ouvrir à une véritable pluralité d’idées pour construire un Sénégal démocratique et inclusif.

Si vous voulez vraiment une rupture, commencez par une autocritique honnête. La vraie réforme ne viendra pas en blâmant uniquement les citoyens, mais en changeant en profondeur la manière dont les leaders politiques – y compris ceux de votre formation – conçoivent leur rôle et exercent le pouvoir.

Cordialement,
Ndiawar Diop

N'diawar Diop

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