La prévention du cancer du col de l’utérus ne se limite pas à la vaccination contre le papillomavirus humain (HPV) et au dépistage. Le professeur Idrissa Ba, addictologue, alerte sur le rôle du tabac dans la progression des lésions précancéreuses et sur les risques indirects associés à la consommation d’alcool et d’autres drogues. Il plaide pour une meilleure intégration de l’addictologie aux stratégies de prévention et de prise en charge gynécologique.
La lutte contre le cancer du col de l’utérus doit également prendre en compte les addictions. C’est l’alerte lancée par le professeur Idrissa Ba, addictologue, qui a mis en lumière les liens entre la consommation de substances psychoactives et les risques associés à l’infection par le papillomavirus humain (HPV). Si la majorité des infections à HPV disparaissent spontanément, certaines persistent, notamment lorsqu’elles sont dues à des génotypes à haut risque, et peuvent évoluer vers des lésions précancéreuses, puis un cancer. Dans ce processus, le tabac constitue un facteur aggravant bien documenté. « Pour le tabac et le HPV, c’est là où on a le niveau de preuve le plus solide », souligne le spécialiste. Les études et méta-analyses évoquées lors de sa présentation mettent en évidence une association entre le tabagisme et l’augmentation du risque de cancer invasif du col de l’utérus, mais aussi de lésions précancéreuses.
Les données présentées font état d’un risque relatif de 1,70 pour le cancer invasif et de 2,11 pour les lésions précancéreuses. La fumée du tabac contient en effet de nombreuses substances toxiques susceptibles d’endommager le matériel génétique des cellules. Elle pourrait également altérer l’immunité locale, favorisant la persistance de l’infection à HPV et sa progression vers des lésions plus graves. Pour le professeur Idrissa Ba, il est donc essentiel de renforcer la prévention du tabagisme, d’encourager le dépistage et d’accompagner les femmes qui souhaitent arrêter de fumer.
Alcool et drogues : des risques indirects à prendre en compte
Concernant l’alcool et les autres drogues, l’addictologue appelle à distinguer les preuves scientifiques établissant un lien direct avec le cancer de celles qui mettent en évidence des mécanismes indirects. Contrairement au tabac, leur rôle comme cofacteurs du cancer du col de l’utérus est moins clairement établi. La consommation de substances psychoactives peut néanmoins entraîner une désinhibition et favoriser des comportements sexuels à risque, susceptibles d’accroître l’exposition aux infections sexuellement transmissibles. La précarité, les violences et certaines situations de dépendance peuvent également compliquer l’accès à la prévention et aux soins.
Le spécialiste insiste particulièrement sur la vulnérabilité des personnes qui consomment des drogues injectables. Confrontées à la marginalisation et à de multiples difficultés sociales, elles peuvent rester éloignées des dispositifs de sensibilisation, de dépistage et de prise en charge. Pour lui, ces populations doivent être davantage intégrées aux stratégies de prévention.
Le « tabac vaginal », une pratique à documenter
Au cours de son intervention, le professeur Idrissa Ba a également évoqué une pratique signalée dans certaines communautés, notamment dans le sud du Sénégal : l’utilisation de préparations introduites dans le vagin, communément désignées sous le nom de « tabac vaginal ». Selon sa description, ces substances sont utilisées par certaines femmes pour favoriser ou faciliter l’activité sexuelle. Leur composition exacte et leurs effets méritent toutefois d’être davantage documentés. Le spécialiste évoque des risques d’irritation et de lésions des muqueuses vaginales liés à certaines préparations. Cette pratique soulève ainsi des questions de santé publique qui nécessitent des recherches complémentaires et des actions de sensibilisation adaptées, sans stigmatiser les femmes concernées.
Mieux rapprocher gynécologie et addictologie
Face à ces différents facteurs de risque, le professeur Idrissa Ba plaide pour une approche globale de la prévention. La vaccination contre le HPV, le dépistage régulier, le suivi des lésions précancéreuses et la prise en charge des addictions doivent fonctionner de manière complémentaire. Il préconise notamment une meilleure orientation des patientes entre les services de gynécologie et les structures d’addictologie. Les professionnels de santé doivent pouvoir repérer les situations de dépendance, proposer un accompagnement adapté et faciliter l’accès au dépistage. L’enjeu est de mieux prendre en charge les femmes confrontées à plusieurs facteurs de vulnérabilité. Pour l’addictologue, la prévention ne peut être pleinement efficace sans une meilleure coordination des soins et une attention particulière aux populations qui accèdent difficilement aux services de santé.
Pape Mbaye évoque le mariage et la vie de famille : une déclaration sur TikTok…
JOJ Dakar 2026 : la flamme olympique sillonne le Sénégal avant le rendez-vous historique du…
Ballon d’Or africain : Nicolas Pépé adoube Pape Guèye et défend ses chances Sunuker News…
Sénégal : 2 décembre, le piège politique de Diomaye Faye face à Sonko — dissoudre…
CAF : Patrice Motsepe fait passer les subventions à 700 000 dollars par fédération, un…
De Diouloulou à l’AS Monaco : Lamine Camara et Sadibou Sané, deux voisins devenus frères…