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CAN : La CAF prête à faire marche arrière sur le passage au format quadriennal ?

CAN : La CAF prête à faire marche arrière sur le passage au format quadriennal ?

Sunuker News Desk

La Confédération africaine de football (CAF) pourrait revoir en profondeur sa réforme du calendrier de la Coupe d’Afrique des nations (CAN). À peine un an après avoir annoncé le passage à une compétition organisée tous les quatre ans, l’instance dirigeante du football africain envisagerait de revenir à son rythme historique, avec une édition tous les deux ans. Une perspective qui, si elle se confirme, constituerait un sérieux revirement stratégique pour son président, Patrice Motsepe, mais aussi pour les partisans d’une réorganisation du calendrier international.

Selon le quotidien britannique The Guardian, la CAF étudie sérieusement cette possibilité. Patrice Motsepe a lui-même reconnu, vendredi, au Cap-Vert, que la question était à l’étude, lors de la conférence de presse organisée à la clôture d’une conférence stratégique de l’institution. Une décision pourrait être soumise au vote du comité exécutif. À ce stade, toutefois, aucun retour officiel au système biennal n’a été annoncé.

Le projet de réforme avait été dévoilé le 20 décembre 2025 à Rabat, à la veille du coup d’envoi de la CAN organisée au Maroc. La CAF avait alors annoncé son intention de faire évoluer la compétition vers un cycle de quatre ans, après les éditions prévues en 2027 en Afrique de l’Est et en 2028. Pour compenser la disparition d’une édition organisée tous les deux ans, l’instance avait proposé la création d’une Ligue des nations africaine, appelée à se tenir chaque année à partir de 2029.

Cette transformation devait permettre de mieux articuler les compétitions africaines avec le calendrier international, tout en offrant davantage de visibilité aux sélections nationales. La CAF avait également lancé des démarches concernant l’organisation des éditions de 2028, 2032 et 2036. Mais cette nouvelle orientation n’a jamais fait l’unanimité.

Dès son annonce, la réforme avait suscité des interrogations sur la méthode employée et sur ses conséquences pour le football africain. The Guardian avait notamment rapporté des critiques concernant le manque de concertation avec les fédérations membres. Plusieurs observateurs estimaient qu’une décision de cette importance ne pouvait être prise sans un débat approfondi avec les acteurs concernés, compte tenu du poids historique, sportif et économique de la CAN.

Le changement de format s’inscrivait également dans un débat plus large sur l’organisation des compétitions internationales. Le président de la FIFA, Gianni Infantino, défend depuis plusieurs années une rationalisation du calendrier mondial, avec une Coupe d’Afrique des nations organisée moins fréquemment. La CAF avait longtemps résisté à cette orientation, notamment parce que la compétition continentale représente une source essentielle de revenus pour l’institution et constitue un rendez-vous majeur pour les fédérations africaines.

La création d’une Ligue des nations africaine devait précisément permettre de préserver une activité internationale régulière et de compenser les éventuelles pertes liées à l’espacement des CAN. Mais cette solution n’a manifestement pas dissipé toutes les inquiétudes. Pour les supporters comme pour de nombreuses sélections, la Coupe d’Afrique demeure une compétition à part, dont la périodicité biennale entretient la rivalité sportive, la mobilisation populaire et l’intérêt des partenaires commerciaux.

Au-delà des recettes, l’enjeu concerne aussi la place du football africain sur la scène internationale. Pour plusieurs pays, la CAN constitue l’une des rares occasions de mettre régulièrement leur équipe nationale sous les projecteurs, de valoriser leurs joueurs et de mobiliser toute une population autour d’un objectif commun. Espacer les éditions aurait donc des répercussions qui dépassent largement les seules considérations de calendrier.

Ce possible retour en arrière intervient alors que Patrice Motsepe a déjà essuyé des résistances au sein de sa propre institution. En février, son projet d’élargir la CAN de 24 à 28 équipes n’avait pas obtenu l’approbation du comité exécutif. Cette opposition avait alimenté les critiques sur la préparation des réformes et sur la nécessité d’associer davantage les membres de la CAF aux décisions structurantes.

Si le comité exécutif choisit finalement de rétablir le rythme biennal, le président de la CAF devra composer avec un désaveu politique significatif. Une telle décision constituerait également un revers pour Gianni Infantino et les partisans d’un calendrier continental aligné sur un cycle quadriennal.

Pour autant, il convient de distinguer les discussions en cours d’une décision formellement adoptée. Tant que le comité exécutif n’aura pas tranché et que la CAF n’aura pas communiqué officiellement sur le calendrier retenu, le retour à une CAN tous les deux ans restera une hypothèse.

Une chose est certaine : la périodicité de la Coupe d’Afrique des nations ne relève pas d’un simple choix administratif. Elle touche à l’identité du football africain, à son modèle économique et à la place des sélections nationales dans le paysage sportif mondial. Le débat qui s’annonce dira si la CAF entend maintenir sa réforme ou reconnaître que le rendez-vous biennal demeure, aux yeux de nombreux acteurs, le meilleur moyen de préserver le prestige et la vitalité de sa compétition phare.

Dans un article publié le 7 août 2026, The Guardian rapportait que l’abandon du rythme biennal avait contribué à faire échouer un accord commercial estimé à plus d’un milliard de dollars sur huit ans. Cette donnée renforce les interrogations sur la rentabilité du nouveau modèle et sur la capacité de la Ligue des nations africaine à compenser la diminution de la fréquence de la CAN.

La CAF avait officiellement confirmé, en décembre 2025, le lancement de la Ligue des nations africaine, destinée à garantir une compétition annuelle aux sélections du continent, hors année de Coupe du monde.

James Dillinger

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