Le Sénégal a affiché sa confiance au terme de l’audience tenue ce jeudi 8 octobre à Lausanne dans le contentieux qui l’oppose au Maroc et à la CAF autour de la finale de la CAN 2025. Abdoulaye Seydou Sow a assuré que la délégation sénégalaise avait « bien défendu » son dossier. En face, les représentants marocains ont choisi de ne faire aucun commentaire à leur sortie du Tribunal arbitral du sport.
Le feuilleton judiciaire de la finale de la CAN 2025 a franchi une nouvelle étape ce jeudi à Lausanne. Pendant plusieurs heures, le Tribunal arbitral du sport (TAS) a entendu les arguments de la Fédération sénégalaise de football (FSF), de la Fédération royale marocaine de football (FRMF) et de la Confédération africaine de football (CAF).
L’audience, organisée à huis clos, avait débuté à 9h30 et s’est achevée peu avant 15 heures, légèrement plus tôt que l’horaire initialement envisagé. Les trois arbitres chargés du dossier disposent désormais des arguments présentés par les différentes parties et doivent entamer leurs délibérations.
À la sortie du siège du TAS, le secrétaire général de la Fédération sénégalaise de football, Abdoulaye Seydou Sow, s’est brièvement exprimé devant les journalistes. Sans dévoiler le contenu des débats, couverts par la confidentialité de la procédure, il a livré un message plutôt rassurant pour le camp sénégalais.
« Je peux assurer que le Sénégal s’est bien défendu », a-t-il déclaré, indiquant que les avocats de la FSF avaient présenté leurs arguments et leurs observations devant la formation arbitrale.
Le contraste était notable à la sortie de l’audience. Aucun représentant de la délégation marocaine n’a souhaité s’adresser aux médias présents à Lausanne. Ni commentaire sur les débats, ni appréciation sur les arguments avancés par les différentes parties.
Ce silence peut évidemment alimenter toutes sortes d’interprétations, mais il serait hasardeux d’y voir automatiquement un signe de faiblesse ou de malaise. Le TAS avait officiellement prévu que l’audience se déroulerait à huis clos et que les parties ne communiqueraient pas publiquement sur les échanges. La FRMF, tout comme la FSF, était présente physiquement à Lausanne, tandis que la CAF était représentée par ses conseils.
Le silence marocain peut donc tout aussi bien relever d’une stratégie de communication visant à ne rien dévoiler avant la décision arbitrale. Dans une procédure aussi sensible, chaque déclaration publique peut en effet être scrutée et interprétée.
Le recours sénégalais devant le TAS porte sur la décision prise par la CAF à la suite des événements de la finale de la CAN 2025 disputée à Rabat. Après avoir remporté la rencontre sur le terrain 1-0 après prolongation, le Sénégal avait finalement été déclaré perdant par forfait sur décision du Jury d’appel de la CAF, qui avait enregistré une victoire marocaine 3-0 et attribué le titre au Maroc.
La FSF conteste cette décision et demande au TAS de l’annuler afin que le résultat obtenu sur le terrain soit rétabli. Le recours sénégalais avait été enregistré par le TAS le 25 mars 2026.
Le dossier est donc désormais entre les mains de trois arbitres : le professeur français Gérald Simon, président de la formation, accompagné de l’Italien Luigi Fumagalli et de l’Allemand Ulrich Haas. Les parties ont convenu que la procédure se déroulerait en français.
Malgré l’importance considérable de l’enjeu, aucune décision n’est attendue ce jeudi. Le TAS avait déjà précisé que le verdict ne serait pas rendu le jour de l’audience. Après les plaidoiries, la formation arbitrale doit désormais examiner les arguments et délibérer.
Le directeur général du TAS, Matthieu Reeb, a indiqué que l’objectif était de rendre une décision motivée dans les meilleurs délais, tout en précisant qu’aucune date précise ne pouvait encore être annoncée.
Le Sénégal devra donc patienter. Le Maroc également.
À Lausanne, une chose est toutefois certaine : après plusieurs mois de procédure, le dossier est désormais entre les mains des arbitres du TAS. Le silence marocain et la confiance affichée par le Sénégal ne constituent ni l’un ni l’autre une indication sur l’issue du recours.
La prochaine parole importante sera celle du Tribunal arbitral du sport.
Sunuker News Desk
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