Après les différentes campagnes de vaccination organisées par le ministère de la santé et de l’action sociale pour l’éradication de certaines maladies, des parents restent toujours réticents à se conformer aux recommandations de la tutelle. Dans le cadre de la lutte contre la poliomyélite, les actions continuent de se multiplier pour l’élimination de cette maladie. Et c’est dans ce cadre que l’Association des journalistes en santé population et développement a accueilli hier, Dr Alassane Ndiaye, chargé de la gestion des données au programme élargi de vaccination comme l’invité de leur tribune « les mercredis de l’Ajspd ».
Le Sénégal a organisé l’année dernière une campagne de vaccination de masse sur toute l’étendue du pays après la découverte de plusieurs cas rapportés. Étaient inscrits dans le programme élargi de vaccination, tous les enfants âgés de 09 mois bénéficient de la prise de ce vaccin. Cependant, ils sont nombreux, des parents qui ne font pas vacciner leurs enfants conformément aux recommandations du ministère de la santé et de l’action sociale. Hier, lors des « mercredis de l’association des journalistes en santé population et développement » (Ajspd), docteur Alassane Ndiaye, chargé de la gestion des données au programme élargi de vaccination, qui été l’invité de cette tribune, a fait face aux professionnels de l’information en santé. Ce dernier a fait savoir : « il y a des populations qui refusent catégoriquement à se faire vacciner et dans les quartiers résidentiels, l’accès y est difficile. Dans les campagnes de vaccination de masse, on est souvent allé les voir avec le service d’hygiène qui nous accompagne pour essayer de les convaincre, mais rien ! On les retrouve dans toutes les régions notamment à Diourbel, Kédougou, Tambacounda entre autres. Dans cette dernière localité, on note des cas de réticence à la vaccination des enfants en général ». Et d’ajouter : « le plus souvent ce sont des refus organisés. Les parents sont, soit victimes d’une incompréhension ou d’un manque d’informations qui conduisent souvent à cette situation. Mais quand on parvient à gérer tous ces cas-là, il y aura des résultats ».
Revenant sur la situation de la polio au Sénégal, le spécialiste avance qu’après les épisodes de 2021, 18 cas humains avaient été dénombrés et aussi au niveau de l’environnement, avec deux passages de campagne de vaccination organisée au niveau du pays en décembre de la même année et au mois de février 2022.
« Jusqu’à cette année, on a eu à détecter des cas au niveau de nos sites de surveillance environnementale de la poliomyélite. Au total, 8 cas ont été détectés au niveau de nos sites de surveillance environnementale au niveau de ce pays en 2024 » a-t-il renseigné. Et d’ajouter sur les stratégies pour lutter contre la poliomyélite : « on sait que c’est déjà la vaccination. Il nous faut renforcer la vaccination de routine de nos enfants au niveau de nos sites de vaccination de tous les jours. Et aussi, renforcer ces vaccinations de routine par des campagnes. Mais aussi ne pas oublier la surveillance épidémiologique qui permet de détecter très tôt les cas et de préparer une riposte au besoin ».
Denise ZAROUR MEDANG