DAKAR — La mise en service de l’autoroute Mbour-Fatick-Kaolack devait marquer une nouvelle étape dans la modernisation du réseau routier sénégalais. Mais quelques jours après son inauguration officielle, le niveau du péage annoncé pour les automobilistes alimente déjà la polémique.
Pour effectuer un aller-retour entre Dakar et Kaolack, un automobiliste devrait débourser 15 000 francs CFA, selon le tarif relayé ces derniers jours par plusieurs médias sénégalais. Ce montant suscite des réactions critiques chez certains usagers, qui estiment qu’il représente une dépense importante, notamment pour ceux qui empruntent régulièrement cet axe.
L’autoroute Mbour-Fatick-Kaolack, longue d’environ 100 kilomètres, a été officiellement inaugurée le 22 août 2026. Elle doit contribuer à améliorer la mobilité entre la Petite Côte, les régions du centre et Kaolack, tout en offrant une alternative plus rapide et plus sûre à la route nationale. L’Agence des travaux et de gestion des routes (AGEROUTE) répertorie désormais officiellement ce tronçon parmi les autoroutes à péage du pays.
Mais derrière les promesses de gain de temps et de confort, une question domine désormais les discussions : combien les usagers sont-ils prêts à payer pour bénéficier de ces avantages ?
Pour les automobilistes qui effectuent occasionnellement le trajet, le coût peut encore être considéré comme supportable. En revanche, pour les commerçants, transporteurs, travailleurs ou familles qui se déplacent fréquemment entre Dakar, Fatick et Kaolack, l’addition pourrait rapidement devenir conséquente. À raison de plusieurs déplacements par mois, les frais de péage peuvent représenter plusieurs dizaines de milliers de francs CFA supplémentaires dans le budget.
Sur les réseaux sociaux et dans les échanges entre usagers, certains redoutent déjà qu’un tarif jugé trop élevé pousse une partie des automobilistes à continuer d’emprunter la route nationale, malgré un temps de parcours potentiellement plus long et une circulation moins confortable.
Cette situation pose également la question de l’accessibilité de l’infrastructure. Une autoroute construite pour fluidifier les déplacements et soutenir l’activité économique doit-elle être accessible au plus grand nombre, ou son financement doit-il nécessairement reposer en partie sur des tarifs de péage permettant de couvrir son exploitation et son entretien ?
Le débat intervient alors que les autorités sénégalaises cherchent à accélérer le développement du réseau autoroutier. Le tronçon Mbour-Fatick-Kaolack avait déjà fait l’objet d’une ouverture temporaire et gratuite à l’occasion de la Tabaski, entre le 20 mai et le 7 juin 2026, afin de faciliter les déplacements des populations.
La nouvelle infrastructure constitue en tout cas un investissement majeur pour le pays. Elle doit notamment renforcer les échanges économiques entre Dakar et les territoires traversés, faciliter l’accès à Kaolack et améliorer les conditions de circulation sur un axe particulièrement stratégique.
Reste désormais à trouver le juste équilibre entre rentabilité, entretien de l’infrastructure et pouvoir d’achat des usagers. Car si le péage devient trop lourd pour une partie de la population, le risque est de voir l’autoroute sous-utilisée par ceux-là mêmes auxquels elle est destinée.
La polémique actuelle pourrait ainsi relancer une question plus large sur la politique tarifaire des autoroutes sénégalaises : le prix du péage doit-il avant tout permettre de financer l’infrastructure ou rester suffisamment abordable pour garantir une large accessibilité ?
Pour l’heure, le tarif de 15 000 FCFA pour un aller-retour Dakar-Kaolack cristallise la colère de certains usagers. La réponse des autorités et les éventuels ajustements tarifaires seront donc particulièrement scrutés dans les prochaines semaines.
Sunuker News Desk
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