AFRIQUE

Au Burkina Faso, nouvelle attaque meurtrière dans la région sahélienne

Trois jours après l’embuscade de Déou, les soldats du détachement de Tin-Akoff ont été visés lundi 20 février, près de la frontière avec le Mali selon des sources sécuritaires. Au moins 19 d’entre eux ont été tués, une trentaine sont blessés et un grand nombre portés disparus.

Une source sécuritaire a évoqué là encore de « violents combats » entre les assaillants et les soldats burkinabè de Tin-Akoff. « L’armée de l’air est intervenue par des frappes aériennes pour repousser les assaillants », précisent nos sources. Une riposte qui a permis de « neutraliser » plusieurs terroristes.

En plus des pertes enregistrées dans les rangs des soldats, de nombreux blessés ont été transférés dans les centres de santé. Et le bilan pourrait s’alourdir : une trentaine de personnes manquent toujours à l’appel.

Zone de passage

L’EIGS, l’État Islamique au Grand Sahara, aurait mené l’opération. Ses éléments seraient arrivés du Mali voisin, puisque Tin Akoff est située au bord de la rivière Beli, à quelques kilomètres de la frontière. Le secteur sert souvent de zone de passage, de voie d’infiltration pour les jihadistes. C’est d’ailleurs pour ça que Tin Akoff possède un détachement militaire. La région sert aussi aux trafiquants pour faire de la contrebande en tout genre. « C’est une menace généralisée sur le front Nord », souligne de son côté un haut gradé des forces armées burkinabè. Depuis quelques jours, les soldats font face à une série d’attaques dans la province de l’Oudalan.

Vendredi, au moins 51 d’entre eux ont été tués dans une embuscade entre Déou et Oursi, près des frontières avec le Mali et le Niger voisins. Ils étaient en train de regagner leur garnison d’origine. Cette attaque contre les forces armées burkinabè est la plus meurtrière depuis celle d’Inata en fin d’année 2021. À l’époque, 53 gendarmes avaient été tués.

Grand bruit

Ces deux attaques font grand bruit et les autorités ont dénoncé ce mercredi matin la diffusion sur les réseaux de déclarations dénigrant l’armée et attribuées à des chefs militaires. Le chef d’état-major a indiqué qu’aucun officier n’avait tenu ces propos. Il a condamné et dénoncé une tentative de « démoralisation des forces ». La justice sera saisie, ont promis les autorités.

rfi

N'diawar Diop

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