Le pressing allemand d’emblée, la furia même, aura emporté des Bleus trop bouleversés donc pour l’endiguer. Ils avaient changé de système, revenant au 4-4-2 de l’avant Euro 2021, avec un Kylian Mbappé remplaçant, une charnière inédite avec la première sélection de Jean-Cair Todibo, un Benjamin Pavard absent des terrains depuis un mois et le rôle hybride d’Adrien Rabiot, pas exactement dans son traditionnel rôle de relayeur. Ils auraient aimé s’installer dans le confort de premières minutes tranquilles, prendre quelques repères et développer leur jeu en même temps qu’ils se jaugeaient pour savoir ce qu’ils pouvaient valoir un soir d’autant de nouveautés.
Maignan n’est plus infranchissable
Mais Rudi Völler, le sélectionneur intérimaire, a flairé l’aubaine et demandé une entame endiablée à moins que ses joueurs aient voulu saluer à leur manière le limogeage d’Hansi Flick et arrêter de passer pour des nuls aux yeux de l’Europe après la fessée contre le Japon (1-4) samedi dernier. En moins que quatre minutes, l’éternel Thomas Müller inscrivait le premier but dans la carrière de numéro 1 de Mike Maignan en équipe de France.
Mais l’Allemagne n’a pas insisté quand les Bleus, à la faveur d’un décrochage d’Antoine Griezmann dans un 4-2-3-1, ont retrouvé le contrôle du match, sans vraiment faire mal. Ils ont confirmé, cinq jours après qu’Aurélien Tchouaméni et Marcus Thuram aient permis de battre l’Irlande (2-0) comme une exception confirmant la règle, qu’ils avaient toutes les peines à marquer sans Olivier Giroud, forfait, ni Kylian Mbappé, gêné au genou.
C’est la limite de cette équipe de France, avec ses créateurs de désordre – Dembélé a succédé à Coman à la 65e et Thuram à Kolo Muani – à la permanente inefficacité. Le danger vient de partout mais il se concrétise rarement au-delà de deux joueurs même si Antoine Griezmann finira par transformer un penalty au crépuscule. C’est un axe de travail, après une seconde période encore plus molle devant. Le 13 octobre, ils retrouvent la compétition aux Pays-Bas en éliminatoires de l’Euro 2024 avec l’idée de reprendre goût à la victoire.