Mettre en place des infrastructures résilientes en s’appuyant sur la nature. C’est la mission que s’est assignée le projet « Solutions basées sur la nature pour la résilience africaine » (Nbs4AfrRes). L’idée est de dépasser l’ingénierie classique pour intégrer des solutions innovantes telles que les savoirs locaux. C’est ainsi qu’un atelier de formation des formateurs se tient à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar du 23 au 27 mars. Cette initiative vise à accompagner la mise en place d’un programme de master interuniversitaire consacré aux infrastructures résilientes et aux solutions inspirées de la nature.
Le projet, qui regroupe notamment l’UCAD, l’École Polytechnique de Thiès, University of Cape Town et Rhodes University, ambitionne de promouvoir de nouvelles filières et d’intégrer, dans les offres de formation, des approches combinant ingénierie, enjeux climatiques et sciences sociales.
Coordonnateur du projet à l’UCAD, Pr Serigne Faye a souligné les limites des modèles classiques de formation, marqués par un cloisonnement des disciplines. Selon lui, la complexité des défis actuels impose désormais une approche intégrée, fondée sur la synergie entre ingénierie, sciences environnementales et sciences humaines.
Co-présidant la cérémonie d’ouverture aux côtés du directeur de l’Institut des sciences de l’environnement (ISE-UCAD), El Hadji Mamadou Sonko, le directeur de l’École Polytechnique de Thiès, le professeur Mamadou Wane, a rappelé que son institution a déjà amorcé l’intégration de ces solutions dans ses curricula. Il a insisté sur la nécessité de former les formateurs afin de favoriser une appropriation effective de ces approches par les étudiants et leur adaptation aux réalités locales.
Pour sa part, le coordonnateur du projet à l’EPT, Ababacar Fall, a mis en avant l’enjeu de former une nouvelle génération d’ingénieurs capables d’aller au-delà de l’ingénierie classique. Il s’agit, selon lui, d’intégrer les savoirs écologiques, sociétaux et locaux afin de promouvoir un nouveau paradigme de conception d’infrastructures, plus résilientes face aux changements climatiques. « L’objectif est d’opérer une transition vers des solutions douces, écologiques et à échelle humaine », a-t-il indiqué.
Au-delà de la résilience, les solutions fondées sur la nature apparaissent également comme une réponse aux contraintes financières des pays africains en matière d’infrastructures. De la conception à l’entretien, les approches classiques nécessitent des investissements importants, tandis que les solutions co-construites avec les communautés locales permettent d’en réduire les coûts.
Dans cette dynamique, Jill Slinger a plaidé pour un modèle de développement propre au continent africain, en rupture avec les schémas occidentaux. Elle a ainsi appelé à bâtir un développement en harmonie avec les réalités et les écosystèmes locaux.
À terme, le projet Nbs4AfrRes entend contribuer à la formation d’experts africains capables de porter une transition écologique durable, adaptée aux contextes du continent.
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