Le tribunal des flagrants délits de Dakar a rendu son verdict, ce mercredi 5 août 2026, dans l’affaire impliquant trois chroniqueurs du média en ligne Feeñal Digital, poursuivis pour offense au chef de l’État et discours contraires aux bonnes mœurs. À l’issue du procès, Mandoumbé Diop, plus connu sous le pseudonyme de Lamignou Darou, a été condamné à trois mois de prison ferme. Ses deux co-prévenus, Maguèye Diaw, alias Oustaz Thiep, et Moustapha Ndiaye, dit Ndiaye Touba, ont chacun écopé de deux mois de prison ferme.
L’affaire trouve son origine dans une vidéo diffusée sur le réseau social TikTok, devenue virale ces derniers jours. Dans cette séquence, les trois hommes prononçaient des prières appelant au malheur et à la mort de « celui qui a trahi le projet du Pastef ». Pour les enquêteurs de la Division spéciale de cybersécurité (DSC) et le parquet, ces propos visaient directement le président de la République, Bassirou Diomaye Faye, justifiant ainsi les poursuites engagées pour offense au chef de l’État.
Les mis en cause avaient été interpellés le 27 juillet 2026 dans les locaux de Feeñal Digital par les agents de la Division spéciale de cybersécurité. Placés en garde à vue, ils avaient ensuite été déférés au parquet avant d’être placés sous mandat de dépôt le 30 juillet, en attendant leur jugement devant le tribunal des flagrants délits.
Au cours de l’enquête, Lamignou Darou, présenté comme un militant proche de Pastef, aurait reconnu avoir participé à l’enregistrement de la vidéo tout en affirmant qu’il ne nourrissait aucune intention de s’en prendre personnellement au chef de l’État. Les trois prévenus ont soutenu devant les enquêteurs puis à la barre qu’il s’agissait d’une plaisanterie improvisée entre amis lors d’un séjour à Mbacké Bary Djolof, sans volonté d’inciter à la haine ou à la violence.
Lors de l’audience, leur avocat, Me Aby Nar Ndiaye, a demandé la relaxe de ses clients. Selon la défense, les éléments constitutifs de l’infraction d’offense au chef de l’État n’étaient pas réunis, dans la mesure où le président de la République n’était jamais nommément désigné dans la vidéo. L’avocat a également plaidé en faveur de la liberté d’expression, estimant que les propos incriminés relevaient davantage d’une mise en scène maladroite que d’une attaque délibérée contre les institutions de la République.
Le tribunal n’a toutefois pas suivi cette argumentation. Les juges ont estimé que le contexte politique, le contenu des déclarations et leur large diffusion sur les réseaux sociaux permettaient d’établir que les propos visaient le chef de l’État, justifiant ainsi la condamnation des trois chroniqueurs.
Cette affaire intervient dans un contexte où les autorités sénégalaises renforcent leur vigilance face aux contenus diffusés sur les plateformes numériques. Ces derniers mois, plusieurs procédures judiciaires ont été engagées contre des internautes, influenceurs et créateurs de contenus poursuivis pour diffusion de fausses informations, discours haineux, injures publiques ou atteintes aux institutions de l’État.
Le verdict rendu dans le dossier Feeñal Digital relance ainsi le débat sur l’équilibre entre la protection des institutions de la République, la responsabilité des créateurs de contenus sur les réseaux sociaux et le respect de la liberté d’expression dans l’espace numérique sénégalais.
Sunuker Desk News
Montréal : un Sénégalais accusé d’une fraude présumée de plus de 100 millions FCFA à…
Fonds destinés à la Casamance : Ousmane Sonko doit rendre compte ! Lors du fameux…
Le venin des mots qui cherchent à expliquer nos maux Quand on habitue un peuple…
Amath Dansokho, si tu revenais aujourd’hui… Hommage à Amath Dansokho, ancien Secrétaire général du Pit/Sénégal,…
Guinée : le retour de Mamadi Doumbouya à Conakry met fin à deux semaines de…
Crédits spéciaux : le Conseil constitutionnel tranche et inflige un revers majeur à la proposition…