René Capain Bassène, Oumar Ampoï Bodian et compagnie vont bientôt connaitre le sort que la justice veut leur réserver. Alors que, jusque tard dans l’après midi d’hier, le parquet de Ziguinchor soutenu par l’administration pénitentiaire avaient cherché à négocier avec les détenus -qui ont décidé d’entamer une grève de la faim ce matin si la justice ne fixait pas la date de leur procès-, des informations non encore confirmées par le parquet de Ziguinchor ont fait connaitre que la Cour criminelle de Ziguinchor videra l’affaire “Boffa Bayotte” ce 21 mars prochain.
Pour couper l’herbe sous le pieds de René Capain Bassène et de ses 12 compagnons d’infortune, le parquet aurait décidé de fixer la date d’un procès qui doit décider de l’avenir de centaines personnes; puisque derrière chacun de ces détenus il y a des familles, dont certaines ont été disloquées après l’incarcération du chef. Ainsi, alors que la loi oblige le parquet à respecter un certain délai raisonnable -qui peut aller jusqu’à deux mois- pour permettre aux avocats de se préparer et s’entretenir avec leurs clients, Pape Ismaëla Diallo, le nouveau procureur, qui a hérité de ce bouseux dossier a décidé d’en finir avec.
Avec cette décision de tenue du procès au 21 mars prochain, Me Clédor Ciré Ly, qui est le seul défenseur de tout ce groupe, devra entamer une course contre la montre pour s’entretenir avec chacun de ses clients comme de leurs familles respectives. Pour rappel, alors que le rôle de la justice est de chercher et faire connaitre la vérité, dans cette affaire “Boffa Bayotte”, les enquêteurs de la gendarmerie n’ont jamais fait de constatation, ils n’ont jamais, non plus, été sur le site des tueries. Et de nombreux témoins essentiels dont Edouard Dassylva, le chef du village de Boffa Bayotte -l’homme qui, avec d’autres villageois, était parti chercher les cadavres et les blessés- n’ont jamais été entendus.
Les mêmes manquements de procédure ont été notés dans le traitement du dossier par les juges d’instruction, puisque 3 magistrats instructeurs se sont occupés de cette affaire: Benjelloun, Augustin Diouf et le nouveau. Aussi, il est bon à rappeler aux amateurs de la numérologie que 3 procureurs se sont succédés autour de ce dossier. Et malgré tous ces couacs et malgré la mort en détention de Seyni Sané, 82 ans, les 25 détenus ont passé quatre années derrière les barreaux. Contre toute attente, le 28 janvier 2022, 12 détenus ont été libérés pour non lieu et deux ayant bénéficié d’une liberté provisoire. Et le tribunal a décidé d’envoyer les 13 restant devant le tribunal criminel de Ziguinchor.
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