Par la Redaction de Sunuker News Desk
Nouveau tournant dans l’affaire concernant la gestion de l’Agence nationale de la Maison de l’Outil (ANAMO). Après treize mois passés en détention provisoire, Maodo Malick Mbaye, ancien directeur général de l’agence, vient d’obtenir une liberté provisoire assortie d’un contrôle judiciaire.
La décision a été rendue ce mardi 11 août 2026 et confirmée par l’un de ses avocats, Me Oumar Youm. L’ancien responsable reste toutefois soumis aux obligations liées au contrôle judiciaire et demeure à la disposition de la justice dans le cadre de la procédure en cours.
Maodo Malick Mbaye avait été placé sous mandat de dépôt le 22 juillet 2025, dans une affaire portant sur un détournement présumé de deniers publics évalué à 619 834 899 francs CFA, auquel s’ajoutent, selon les informations publiées sur le dossier, des accusations d’association de malfaiteurs, d’escroquerie, de faux et usage de faux et de blanchiment de capitaux. Il bénéficie naturellement de la présomption d’innocence tant qu’aucune condamnation définitive n’est intervenue.
Au cours de sa détention, la défense avait multiplié les démarches pour obtenir une remise en liberté. Selon plusieurs sources sénégalaises, le juge d’instruction avait déjà émis à deux reprises des avis favorables à une liberté provisoire, mais ces décisions avaient été contestées par le parquet. Une première ordonnance de mise en liberté assortie d’un contrôle judiciaire avait notamment été rendue le 31 décembre 2025 avant d’être infirmée en appel.
La procédure a également connu un épisode important au mois de mai dernier. Après plus de neuf mois de détention, l’ancien directeur général devait être entendu au fond par le juge du deuxième cabinet d’instruction du Pool judiciaire financier. L’audition annoncée le 13 mai 2026 n’a finalement pas eu lieu. La défense avait notamment demandé l’accès à l’intégralité du dossier afin de pouvoir préparer convenablement ses arguments.
Au cœur du dossier figure notamment un rapport établi par un cabinet privé, à la suite d’une plainte déposée par le successeur de Maodo Malick Mbaye à la tête de l’ANAMO. La défense soutient qu’aucun rapport des corps de contrôle de l’État ne viserait directement son client et a contesté certains aspects de la procédure ainsi que les conditions dans lesquelles l’audit aurait été réalisé. Ces éléments constituent toutefois la position de la défense et devront être appréciés par la justice.
Depuis le début de l’affaire, Maodo Malick Mbaye rejette les accusations portées contre lui. Il maintient qu’il n’a commis aucun détournement ni aucune fraude dans la gestion de l’agence. Selon les informations rapportées en mai, il devait notamment être confronté à certains anciens collaborateurs, dont le directeur des affaires financières et l’agent comptable.
Son état de santé a également été évoqué au cours de la procédure. Des informations rapportées par plusieurs médias font état d’expertises médicales ayant soulevé des difficultés liées à son maintien en milieu carcéral et recommandé une prise en charge médicale adaptée. Cet élément avait été invoqué par sa défense dans ses demandes de liberté.
Un autre élément avait marqué le début de cette affaire : alors qu’il travaillait au Maroc, Maodo Malick Mbaye avait choisi de rentrer au Sénégal après l’ouverture de la procédure afin de faire face à la justice. Ses proches avaient alors présenté ce retour comme la volonté de répondre aux accusations et de défendre son honneur.
Aujourd’hui, sa libération ne signifie donc ni classement de l’affaire ni abandon des poursuites. Elle constitue une nouvelle étape de la procédure. Sous contrôle judiciaire, l’ancien directeur général de l’ANAMO reste à la disposition du juge et devra continuer à répondre aux exigences de la justice.
Pour ses avocats, le combat judiciaire est loin d’être terminé. Ils entendent désormais poursuivre la procédure avec l’objectif d’obtenir un non-lieu pour leur client.
Cette affaire rappelle surtout un principe essentiel : une accusation, aussi grave soit-elle, ne vaut pas condamnation. La justice doit pouvoir examiner les faits, confronter les arguments, vérifier les pièces et apprécier les responsabilités dans le respect des droits de toutes les parties.
La liberté provisoire de Maodo Malick Mbaye marque ainsi une nouvelle étape, mais certainement pas le dernier chapitre de l’affaire ANAMO.
La suite appartient désormais à la justice.
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