L’accord-cadre historique signé sous l’égide des États-Unis en vue d’établir une « paix durable » entre le Liban et Israël suscite de profondes vagues de contestation à Beyrouth. Au lendemain de cette annonce officielle, le leader du Hezbollah pro-iranien, Naïm Qassem, est monté au créneau pour contester la légitimité de ce texte, le qualifiant de « grave erreur » et le déclarant purement « nul et non avenu ».
Dans un communiqué officiel particulièrement incisif, le secrétaire général du Hezbollah n’a pas ménagé le gouvernement libanais. Selon lui, le document paraphé à Washington bafoue les intérêts fondamentaux du pays :
« L’accord-cadre de Washington est humiliant, honteux, et représente un abandon flagrant de souveraineté. »
Le chef du mouvement armé chiite accuse les autorités de Beyrouth de légitimer la présence militaire israélienne pour de longues années, redoutant même un risque d’annexion définitive de portions du territoire national. Pour le Hezbollah, la seule feuille de route valable reste les dispositions du protocole d’accord irano-américain signé le 17 juin dernier, lequel prévoyait une cessation des hostilités sous la pression de Téhéran.
Dans les rues de la capitale, l’annonce du traité a immédiatement cristallisé les divisions de la société libanaise. Dès vendredi soir, de vives tensions ont éclaté :
Manifestations spontanées : Des sympathisants du Hezbollah sont descendus en masse dans les rues de Beyrouth, notamment aux abords du Parlement et sur l’axe routier stratégique menant à l’aéroport international.
Blocages de routes : Selon l’Agence nationale d’information (ANI), des pneus enflammés ont été utilisés pour paralyser plusieurs artères de la capitale.
Au sein de la population, les avis oscillent entre colère et résignation. Si certains citoyens interrogés dans le quartier de Hamra partagent le sentiment d’« humiliation » exprimé par les opposants au texte, d’autres se montrent plus pragmatiques, estimant qu’en l’absence d’alternative, il faut attendre de voir si ce compromis garantira réellement la fin des agressions.
Pour rappel, le Liban a basculé dans ce conflit le 2 mars dernier à la suite de tirs de roquettes du Hezbollah en solidarité avec l’Iran. La riposte de l’armée israélienne s’est traduite par d’intenses vagues de bombardements et une offensive terrestre d’envergure dans le Sud-Liban, entraînant des destructions massives. Bien qu’un cessez-le-feu eût été esquissé le 17 avril, les accrochages n’ont jamais totalement cessé, comme en témoigne la récente frappe israélienne ciblant des positions dans la région de Nabatiyé.
Le cœur de la discorde repose désormais sur les clauses de sécurité du nouvel accord. L’État hébreu conditionne le retrait total de ses troupes à l’application stricte du « désarmement vérifié des groupes armés non étatiques », visant directement l’arsenal du Hezbollah. Le plan prévoit également un déploiement progressif des forces armées libanaises dans des « zones pilotes » sécurisées afin d’organiser le retour des déplacés civils.
Malgré la colère de la faction chiite, le président libanais Joseph Aoun a défendu le traité, le décrivant comme une première étape indispensable vers la restauration d’une souveraineté nationale affranchie de toute tutelle étrangère. Un optimisme partagé à l’échelle internationale par la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, qui a salué une avancée cruciale pour la stabilité du Moyen-Orient, tout en réitérant l’appui de l’Union européenne à ce processus complexe.
La Rédaction — Sunuker.net
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