Hadiatoulaye D. est confrontée à une déception amoureuse. Venue au Sénégal pour poursuivre ses études supérieures, la ressortissante guinéenne qui vit à Sacré-Cœur, a fait la connaissance de son compatriote, Boubacar N. D.. D’amis inséparables, Hadiatoulaye et Ibrahima ont fini par nouer une relation amoureuse. Au cours de cette idylle qui a duré deux longues années, la jeune dame qui est issue d’une famille très riche, recevait un appui financier de ses parents. Des montants qu’elle confiait à son amant qui était également chargé de lui payer sa scolarité. Mieux, l’étudiante en master soutenait financièrement son petit ami à qui elle vouait une affection sans borne.
Malheureusement celui-ci l’a trahie en épousant une autre fille. Se sentant rejetée, Hadiatoulaye a demandé à son ex de lui restituer ses 4,5 millions francs. Une somme que ce dernier a détournée à son profit. Après plusieurs relances, l’étudiante a déposé une plainte à la gendarmerie. Ibrahima N. D. prendra l’engagement de rembourser à maintes reprises face aux enquêteurs. Ce n’est que lorsque ces derniers ont constaté sa mauvaise foi qu’ils l’ont arrêté et déféré au parquet. Incarcéré pour abus de confiance le 12 mai dernier, le prévenu a été attrait hier, à la barre du tribunal des flagrants délits de Dakar. Mais, il a contesté devoir de l’argent à sa victime. Celle-ci qui menait parallèlement une activité commerciale, a réitéré avoir confié 4,5 millions francs au comparant.
D’après le conseil de la partie civile, le prévenu s’est marié avec une autre fille, après avoir promis le mariage à sa cliente. « Je ne pensais pas qu’il allait faire preuve de mauvaise foi. Je vous ai donné des documents pour attester le versement de montants très colossaux », a affirmé la robe noire qui a réclamé un dédommagement de 10 millions francs. Estimant que l’abus de confiance est caractérisé, le maître des poursuites a requis l’application de la loi. Pour l’avocat qui assurait la défense du prévenu, il y a une absence totale d’infraction. « Dans une relation entre deux amants, c’est normal qu’il y ait eu des échanges d’argent.
La partie civile vous dit que le prévenu a trahi la confiance de sa cliente en allant épouser une autre femme. Est-ce qu’on peut parler d’escroquerie ou d’abus de confiance? Aucune preuve ne nous a été produite », a tonné le conseil qui subsidiairement a demandé au tribunal de condamner son client à payer des intérêts civils. Après délibération, Ibrahima N. D. a écopé d’une peine de trois mois avec sursis. À cela s’ajoute un dédommagement de 5 millions francs.
KADY FATY
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