Le traditionnel Grand Magal de Touba, événement qui draine chaque année des millions de fidèles, est souvent synonyme de ralentissement au sein de l’administration publique. Toutefois, face aux absences constatées au lendemain de l’édition de cette année, le gouvernement a décidé d’imprimer une nouvelle marque de rigueur. Au cœur de la polémique, le ministre de la Fonction publique, Mamadou Lamine Dianté, s’est expliqué sur les demandes d’explications servies à 179 agents de l’État.
Accusé par certains détracteurs de cibler une communauté religieuse spécifique ou de se livrer à des manœuvres politiques, Mamadou Lamine Dianté a tenu à remettre les pendules à l’heure. Lors d’un entretien accordé au quotidien L’Observateur, le ministre a balayé d’un revers de main ces allégations de stigmatisation. Pour prouver sa bonne foi, il a rappelé qu’il avait lui-même fait le déplacement à Touba pour célébrer le Magal. Son objectif, précise-t-il, n’est autre que de garantir le principe fondamental de la continuité du service public, une exigence forte des nouvelles autorités étatiques.
« On ne peut pas faire le gendarme. Mais le plus important, c’est qu’on puisse avoir une attitude à la fois responsable, mais aussi un objectif pédagogique », a-t-il souligné, tentant d’apaiser le climat social.
La pédagogie plutôt que les représailles
La décision du ministère a pourtant soulevé l’ire de plusieurs organisations syndicales, certaines allant jusqu’à solliciter l’arbitrage du chef de l’État. En réponse à cette levée de boucliers, le ministre de la Fonction publique s’est voulu rassurant mais ferme : il ne s’agit nullement d’une chasse aux sorcières.
Rappelant les textes qui régissent l’administration sénégalaise, M. Dianté a précisé qu’une demande d’explication est une procédure purement administrative et exploratoire, et non une sanction disciplinaire directe. Inversant la critique syndicale, il a martelé : « Il n’y a aucun droit du travailleur qui a été violé. C’est, au contraire, le droit du service public qui a été violé. »
Un électrochoc qui porte ses fruits
Cette démarche, qui s’inscrit en droite ligne avec la volonté gouvernementale de restaurer l’orthodoxie et la ponctualité dans les services de l’État, semble déjà produire les effets escomptés. Le ministre s’est d’ailleurs réjoui d’un « taux de présence record » noté dans les bureaux dès le jour suivant cette mise en garde. Une dynamique qu’il espère voir s’installer durablement, invitant l’ensemble des fonctionnaires à faire preuve de plus de rigueur et de conscience professionnelle pour répondre aux attentes des citoyens.
La Rédaction / Sunuker.net
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