Categories: CONTRIBUTION

A-t-il oublié qu’il s’appelle Ouattara Par Vieux Savané

Célestin Serey Doh, triste ministre délégué auprès du ministre chargé des Affaires maritimes de Côte d’Ivoire, a-t-il oublié que son patron  s’appelle Ouattara et qu’il a été victime dans un passé récent d’une marginalisation qui cherchait à l’enfermer dans l’univers infamant de l’allochtonie ?

D’une telle personne, d’un âge certain, en train de boucler son deuxième mandat, on aurait attendu de le voir faire montre de hauteur et graver son nom dans le marbre. Parce que même les rois meurent, emportés  par l’inéluctabilité de la finitude humaine, il importe de saisir que notre éternité se dévoile à travers notre œuvre. Penser à la mort, cette expulsion brutale et soudaine de la scène du monde, nous oblige à anticiper et à penser à notre héritage. A l’image de ce testament à l’endroit de notre famille  pour que point elle ne se déchire  et aide notre âme à pouvoir s’installer dans l’extase et la félicité du repos éternel.

Non point comme Hitler, Idi Ami Dada Bokassa et tutti quanti,  mais plutôt comme Sankara, Lumumba , et tant d’autres héros africains dont les  noms qui tonnent  dans l’imaginaire de beaucoup d’africains  se posent  comme un éclairci qui aide à ne pas désespérer du continent. Parce qu’ils ont eu à dérouler une ambition véritable pour leur pays, pour l’Afrique.

Du président Alassane Dramane Ouattara, il est donc attendu qu’il pense à la génération qui vient et qu’il passe le témoin. La Côte d’Ivoire est trop importante pour se faire l’otage du syndrome de l’hubris et des courtisans pétrifiés par leurs intérêts bassement égoïstes.

Poids lourd dans la sous-région, la Côte d’Ivoire impressionne  par sa grande résilience. Sortie d’une période difficile qui l’a vue s’enliser avec une violence inouïe dans des troubles post-électoraux, elle force le respect par le travail de reconstitution accompli. Faut-il donc courir le risque de voir tout cela s’effondrer, se fracasser et la replonger dans des scènes d’apocalypse indignes d’elle. Gageons  que l’Ivoirité retrouve son sens originel, celui de la « Sénégalité », de la « Francité », de l’ « Arabité » dont parlait Senghor dans sa leçon inaugurale prononcée en 1971 à l’Université de Cocody, en apportant son génie, comme une contribution au banquet de l’Universel qui lui était si cher. A l’image du chocolat, de l’atiéké ivoirien, bien loin de toutes les manipulations qui se structurent finalement autour d’une désastreuse conception du pouvoir, celle de la captation prédatrice au profit de soi, des siens et de la ronde des courtisans. Au détriment de la Côte d’Ivoire, de l’Afrique et du Monde.  Parce que nous sommes tous Ivoiriens, le désastre annoncé qui toque aux portes de la Terre d’Eburnie n’est pas pour rassurer.

James Dillinger

Recent Posts

Fonds destinés à la Casamance : Ousmane Sonko doit rendre compte !

Fonds destinés à la Casamance : Ousmane Sonko doit rendre compte ! Lors du fameux…

16 minutes ago

Le venin des mots qui cherchent à expliquer nos maux

Le venin des mots qui cherchent à expliquer nos maux Quand on habitue un peuple…

18 minutes ago

Amath Dansokho, si tu revenais aujourd’hui…

Amath Dansokho, si tu revenais aujourd’hui… Hommage à Amath Dansokho, ancien Secrétaire général du Pit/Sénégal,…

39 minutes ago

Guinée : le retour de Mamadi Doumbouya à Conakry met fin à deux semaines de spéculations

Guinée : le retour de Mamadi Doumbouya à Conakry met fin à deux semaines de…

44 minutes ago

Crédits spéciaux : le Conseil constitutionnel tranche et inflige un revers majeur à la proposition de loi de l’Assemblée

Crédits spéciaux : le Conseil constitutionnel tranche et inflige un revers majeur à la proposition…

1 heure ago

Gamou de Médina Baye : le geste de Mamadou Ndiaye Rahma envers Serigne Mboup ravive les tensions politiques à Kaolack

Gamou de Médina Baye : le geste de Mamadou Ndiaye Rahma envers Serigne Mboup ravive…

2 heures ago