« En Afrique, c’est la danse qui est au commencement de toutes choses. Si le verbe l’a suivi, ce n’est pas le verbe parler, mais le verbe chanter, rythmer » dixit Léopold Sédar Senghor . « Danser, chanter, porter des masques constituent l’art total, un rituel pour entrer en relation avec l’indicible et créer le visible “.
En danse-thérapie, le corps devient l’instrument à partir duquel on apprend à être bien dans sa peau, à sortir de sa tête, à retrouver l’énergie de l’enfant. La danse-thérapie vise la prise de conscience de soi et la libération de tensions et de blocages inscrits dans la mémoire du corps. Sur le plan physique, elle améliore la circulation, la coordination et le tonus musculaire. Sur le plan mental et émotif, elle renforce l’affirmation de soi, ravive les capacités intellectuelles et la créativité, et permet de rencontrer des émotions parfois difficiles à exprimer verbalement : colère, frustration, sentiment d’isolement, etc.
Une séance de danse-thérapie se déroule individuellement ou en groupe, dans un lieu public ou privé . À la première rencontre, le guérisseur cherche à définir les motifs et les objectifs de la démarche, puis il enchaîne avec la danse et le mouvement. Les mouvements peuvent être improvisés ou non et varient selon le style du thérapeute.
La danse apprend à décoloniser le corps, à le soigner par la variabilité des mouvements , à sentir le rythme qui l’envahit . Cette pratique traditionnelle dynamique pratiquée par les chefs matriarcaux des communautés Lébou au Sénégal est largement respectée pour sa réputation de guérir et de rétablir l’harmonie au sein de la communauté. Le Ndœp est sacré et continue d’être dirigé par les femmes sages initiées qui utilisent le rythme, la danse, le symbole et l’incantation pour restaurer l’harmonie collective entre le corps et l’esprit. Cette pratique est devenue un pilier culturel dans la communauté.
La cérémonie est organisée par les initiées « ndœpkat » en un processus d’invocation et de communication transcendantale de 7 jours entre l’individu, la communauté et les esprits impliqués. Les femmes initiées arrivent en formation et parées de beaux tissus colorés, guident la communauté vers l’harmonie et la guérison.
Au cours de la cérémonie, des rythmes, des mouvements et des chants spécifiques retentissent, invitant l’esprit à s’engager avec la communauté. Grâce à cette connexion spirituelle, quelqu’un peut entrer spontanément en transe ou manifester sa joie en danse accompagné du son des tam-tams. Lorsque le rythme parle à leur esprit, alors, le processus de guérison s’enclenche chez l’individu et cela se manifeste le plus souvent par la transe. Les ndœpkat considèrent que les problèmes mentaux comme d’aucuns les appelleraient, ne sont pas une maladie, mais plutôt un trouble de l’harmonie spirituelle de la communauté. C’est précisément pour cette raison, que tout le monde doit participer au processus de guérison car le sort de l’individu et celui de la communauté ne font qu’un.
La danse africaine est véritablement un art à part entière puisqu’elle fait partie de la vie sociale en Afrique.
Avec l’historien Sobel Jon
Montréal : un Sénégalais accusé d’une fraude présumée de plus de 100 millions FCFA à…
Fonds destinés à la Casamance : Ousmane Sonko doit rendre compte ! Lors du fameux…
Le venin des mots qui cherchent à expliquer nos maux Quand on habitue un peuple…
Amath Dansokho, si tu revenais aujourd’hui… Hommage à Amath Dansokho, ancien Secrétaire général du Pit/Sénégal,…
Guinée : le retour de Mamadi Doumbouya à Conakry met fin à deux semaines de…
Crédits spéciaux : le Conseil constitutionnel tranche et inflige un revers majeur à la proposition…