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Tchad: le chef d’un parti d’opposition dénonce avoir été victime de tortures

rfi

Le président d’un parti d’opposition, membre de la coordination citoyenne Wakit Tama, qui mobilise depuis un mois contre le Conseil militaire de transition qui a pris le pouvoir après le décès d’Idriss Deby, a dénoncé des tortures que lui auraient infligés des policiers qui l’ont arrêté lors d’une manifestation mercredi. Yacine Abdramane Sakine, qui était ce jeudi soir encore hospitalisé à Ndjamena, présente sur tout son corps des marbrures et des boursoufflures, selon des activistes et comme on peut le voir sur des photos. Mais le gouvernement semble mettre en doute sa version.

Le président du parti réformiste était en train de manifester à la tête d’un petit groupe de ses militants lorsqu’ils tombent sur des forces de l’ordre qui les attendaient au rond-point de Débé dans le VIe arrondissement. Elles vont les disperser à coup de gaz lacrymogène.

La suite est racontée par Yacine Abdramane Sakine : « Après m’avoir arrêté, on m’a mis dans une voiture, on m’a cagoulé et on m’a amené dans un endroit inconnu. Après on m’a torturé pendant presque une heure et demi. C’est inimaginable et insupportable. Avec des cannes, on m’a tabassé et on m’a demandé pourquoi je n’avais pas pleuré le jour de la mort de Deby. C’est inacceptable. »

Il est ensuite acheminé à demi-conscient dans un commissariat de police de Ndjamena, mais il ne va pas bien. Il sera finalement conduit, jeudi matin, aux urgences de l’hôpital de l’amitié Tchad-Chine où il était en train d’être soigné dans la soirée.

Interrogé par RFI, le ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, Abderrahman Koulamallah, a dit ne pas être au courant de ce cas. « Je suis absolument étonné de ces allégations. La manifestation était une manifestation extrêmement insignifiante et je ne vois pas pourquoi la police aurait usé de moyens aussi disproportionnés. Si ce monsieur affirme qu’il a été violenté par la police, s’il apporte des preuves, il faut qu’il porte plainte. »

Le gouvernement de transition est prêt à sanctionner ceux qui usent d’une force disproportionnée, assure le ministre, sans trop convaincre les opposants à la junte militaire au pouvoir, qui rappellent que plusieurs manifestants ont été tués au cours des dernières manifestations, en toute impunité jusqu’ici.

  • TCHAD

N'diawar Diop

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