Près de deux ans après la dénonciation de l’accord de défense entre Paris et N’Djamena, deux Mirage 2000 et un avion de transport CASA français doivent effectuer une escale technique au Tchad. Cette présence temporaire, qui comprendra des activités de formation, constitue un nouveau signe du rapprochement entre les deux pays.
Les relations militaires entre la France et le Tchad connaissent une nouvelle évolution. L’état-major français a annoncé, jeudi 29 octobre 2026, l’arrivée prochaine de deux avions de chasse Mirage 2000 et d’un appareil de transport CASA sur le territoire tchadien.
Selon le porte-parole de l’état-major des armées françaises, le colonel Xavier Rival, les appareils effectueront une escale technique de courte durée à N’Djamena. Cette étape sera également mise à profit pour organiser des actions de formation au bénéfice des forces tchadiennes.
Cette opération marque une étape symbolique dans la reprise des relations militaires entre les deux pays, après le départ des derniers soldats français du Tchad en janvier 2025.
Le déplacement des appareils français s’inscrit dans le cadre de l’exercice GEX, prévu du 8 au 30 novembre en Côte d’Ivoire et au Gabon. Cette activité doit réunir des forces militaires françaises, ivoiriennes et gabonaises autour du renforcement de leurs capacités opérationnelles et de leur coordination.
Le passage des avions par le Tchad permettra notamment de mener des activités de formation et de contribuer au développement des capacités de l’armée de l’air tchadienne.
Le porte-parole de l’état-major français a présenté cette initiative comme une reprise de la coopération avec N’Djamena, tout en insistant sur le respect de la souveraineté tchadienne. Paris affirme également vouloir contribuer aux efforts de lutte contre l’instabilité régionale.
Il ne s’agit toutefois pas, à ce stade, d’une réinstallation de troupes françaises ni du rétablissement d’une base militaire permanente. Les autorités françaises évoquent une présence temporaire liée à une opération précise.
Cette annonce intervient dans un contexte de normalisation progressive des relations entre les deux capitales.
En novembre 2024, les autorités tchadiennes avaient annoncé leur décision de mettre fin à l’accord de coopération militaire avec la France. Cette décision avait entraîné le retrait des forces françaises et la restitution de leurs installations militaires.
Le désengagement avait été achevé le 31 janvier 2025, avec la remise de la base aérienne Adji Kosseï, à N’Djamena, aux autorités tchadiennes. Environ un millier de militaires français avaient alors quitté le pays.
Un premier rapprochement politique avait été engagé en janvier 2026, lorsque le président tchadien Mahamat Idriss Déby Itno avait été reçu à l’Élysée par Emmanuel Macron.
La dynamique s’est poursuivie le 13 octobre 2026, lors d’une nouvelle rencontre entre les deux chefs d’État à Paris. À cette occasion, les ministres de la Défense des deux pays ont signé une déclaration d’intention destinée à définir un nouveau cadre de coopération bilatérale dans les domaines de la formation, de l’expertise, de l’industrie et des technologies de défense.
L’escale annoncée des avions français s’inscrit dans la continuité de ce rapprochement.
Pour N’Djamena, la relance de la coopération avec Paris ne signifie pas nécessairement un retour à l’ancien dispositif militaire. Les autorités tchadiennes souhaitent désormais inscrire leurs partenariats dans un cadre davantage adapté à leurs priorités nationales.
La question de la souveraineté reste au centre de cette nouvelle relation. En dénonçant l’accord de défense en 2024, le Tchad avait notamment exprimé sa volonté de redéfinir les modalités de sa coopération sécuritaire avec la France.
Les deux pays semblent aujourd’hui privilégier des mécanismes plus ciblés, notamment dans la formation, le transfert de compétences et le renforcement des capacités des forces armées tchadiennes.
Le contexte régional pèse également dans les discussions. Le Tchad évolue dans un environnement sécuritaire marqué par les tensions dans plusieurs pays voisins et par la persistance de menaces armées dans la région du lac Tchad et au Sahel.
Pour Paris, cette reprise de contact avec N’Djamena s’inscrit dans une réorganisation plus large de son dispositif militaire sur le continent africain. Après les retraits du Mali, du Burkina Faso, du Niger et du Tchad, la France cherche à développer des partenariats reposant davantage sur la coopération technique, la formation et les besoins exprimés par les États partenaires.
L’escale des Mirage 2000 et du CASA pourrait ainsi constituer un premier signal concret de cette nouvelle approche entre Paris et N’Djamena.
Reste à savoir jusqu’où ira cette relance. Pour l’heure, les autorités françaises et tchadiennes affichent leur volonté de poursuivre le dialogue, sans annoncer le rétablissement d’une présence militaire permanente française dans le pays.
La Rédaction – Sunuker.net
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