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Sénégal : le FMI appelle à un budget compatible avec les objectifs de redressement économique

Le bras de fer autour du projet de loi de finances rectificative (PLFR) 2026 place le Sénégal face à un enjeu budgétaire majeur. Alors que les députés de la majorité ont rejeté le texte en commission, le Fonds monétaire international (FMI) insiste sur la nécessité de préserver les objectifs de redressement des finances publiques, de protection des ménages vulnérables et de maintien des dépenses prioritaires.

Les désaccords entre l’Exécutif et la majorité parlementaire autour du PLFR 2026 continuent de peser sur le calendrier budgétaire sénégalais. Dans ce contexte tendu, le Fonds monétaire international suit attentivement les discussions engagées à l’Assemblée nationale, notamment sur les ajustements budgétaires pour l’exercice en cours et les orientations prévues pour 2027.

Lors d’un point de presse tenu jeudi, Julie Kozack, directrice du département de la communication du FMI, a indiqué que l’institution suivait de près les débats parlementaires. Elle a rappelé que les discussions budgétaires pouvaient donner lieu à des échanges approfondis au niveau national, tout en soulignant l’importance d’un budget conforme aux paramètres convenus avec le Fonds.

Pour le FMI, la cohérence des choix budgétaires avec les objectifs du programme constitue un élément essentiel à la poursuite de la coopération avec Dakar.

Des finances publiques sous pression

Le projet de loi de finances rectificative vise à adapter les prévisions de recettes et de dépenses aux évolutions économiques et financières constatées au cours de l’année. Selon les documents budgétaires publiés par les autorités sénégalaises, les recettes prévues ont été revues à la baisse, tandis que les dépenses, notamment celles liées aux subventions énergétiques, demeurent élevées.

Le déficit budgétaire est désormais estimé à 7,6 % du produit intérieur brut (PIB), contre 5,4 % dans la loi de finances initiale. Cette révision illustre l’ampleur des contraintes auxquelles l’État doit faire face, entre la mobilisation des ressources, le financement des politiques publiques et la maîtrise de l’endettement.

Dans ce contexte, le FMI met l’accent sur trois priorités : rétablir la viabilité des finances publiques, protéger les populations les plus vulnérables et préserver les dépenses publiques jugées essentielles. L’équilibre entre ces impératifs représente un défi central pour les autorités sénégalaises.

Le PLFR rejeté en commission, le dialogue relancé

Le 23 octobre, la Commission des finances et du contrôle budgétaire de l’Assemblée nationale a rejeté le PLFR 2026 ainsi que les amendements présentés par le gouvernement. Les députés de la majorité ont notamment exprimé des réserves concernant certains arbitrages budgétaires, les ressources affectées aux investissements et les garanties d’information fournies au Parlement.

L’Assemblée nationale a ensuite demandé des documents et des précisions supplémentaires au gouvernement afin de répondre aux préoccupations soulevées pendant les travaux parlementaires. Dans une note publiée le 26 octobre, l’institution s’est dite disponible pour poursuivre les échanges et rechercher une issue consensuelle, dans le respect des prérogatives de chaque institution.

Le 27 octobre, lors de l’examen en séance plénière, le gouvernement a demandé le renvoi du texte devant la Commission des finances afin de poursuivre les concertations. Cette démarche a ouvert une nouvelle possibilité de dialogue entre les députés et l’Exécutif.

Le différend dépasse ainsi la seule question de l’adoption du texte : il porte aussi sur les choix de dépenses, les priorités de l’État et le niveau d’information dont les parlementaires estiment avoir besoin pour exercer leur mission de contrôle.

Le programme avec le FMI en ligne de mire

La position du Fonds intervient alors que le Sénégal cherche à consolider ses relations financières avec ses partenaires internationaux et à répondre aux préoccupations liées à la soutenabilité de sa dette. L’institution a rappelé que la poursuite d’un programme soutenu par le FMI dépend notamment de la cohérence des mesures budgétaires avec les objectifs convenus.

L’enjeu est donc double pour les autorités : parvenir à un compromis institutionnel sur le PLFR 2026 et garantir que les choix retenus permettent de poursuivre le redressement des comptes publics sans fragiliser les ménages les plus exposés.

La reprise des travaux parlementaires et les échanges annoncés entre le gouvernement et la majorité seront déterminants pour apprécier les possibilités d’accord. En attendant, l’évolution du dossier budgétaire demeure suivie de près, tant au Sénégal que par les partenaires financiers du pays.

La Rédaction — Sunuker.net

Ely Birahim KA

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