Une nouvelle affaire impliquant un responsable de l’Alliance pour la République (APR) pourrait connaître des développements judiciaires dans les prochaines heures. Amath Suzanne Camara est dans le collimateur de la justice après la diffusion d’une vidéo devenue virale sur les réseaux sociaux, dans laquelle il aurait tenu des propos appelant à une intervention des forces armées dans la gestion du pouvoir.
D’après les informations rapportées par Seneweb, l’ancien responsable du réseau des enseignants de l’APR aurait interpellé le président de la République, Bassirou Diomaye Diakhar Faye, en lui demandant de procéder à la dissolution de l’Assemblée nationale à compter du 2 décembre prochain.
Mais c’est surtout la suite de son intervention qui suscite la controverse. En cas de non-dissolution de l’institution parlementaire, Amath Suzanne Camara aurait évoqué la possibilité de voir les forces de défense et de sécurité prendre le pouvoir. Des déclarations qui pourraient être considérées comme particulièrement graves au regard des principes constitutionnels et de l’ordre républicain.
Face à la gravité des propos qui lui sont attribués, le procureur de la République près le Tribunal de grande instance hors classe de Dakar aurait décidé de s’autosaisir. Selon les informations de Seneweb, le chef du parquet a instruit la Division spéciale de cybersécurité (DSC) d’ouvrir une enquête afin de faire la lumière sur cette affaire.
La convocation de l’ancien responsable de l’APR serait désormais imminente. Les enquêteurs devront notamment examiner les images diffusées, établir les circonstances dans lesquelles les déclarations ont été faites et entendre l’intéressé sur leur portée et leur contexte.
Cette procédure intervient alors que le Sénégal traverse une période de fortes tensions politiques, marquée notamment par les divergences entre les institutions et les débats autour de l’avenir de l’Assemblée nationale.
Amath Suzanne Camara n’en est pas à son premier différend judiciaire lié à ses prises de parole publiques. En juillet 2024, il avait déjà été arrêté après des déclarations visant le président Bassirou Diomaye Faye et son Premier ministre de l’époque, Ousmane Sonko. Il avait alors été poursuivi pour des faits liés notamment à l’offense au chef de l’État et au discrédit jeté sur une institution.
Pour l’heure, aucune décision judiciaire sur le fond de cette nouvelle affaire n’est annoncée. L’enquête devra permettre de déterminer les responsabilités éventuelles de l’intéressé. Il convient donc de distinguer les propos qui lui sont attribués des faits qui pourraient être juridiquement établis à l’issue de la procédure.
Sunuker News Desk
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