Un autre élément essentiel dans la lutte contre le vol de bétail est de combattre les abattages clandestins. « La finalité de tout bétail volé est d’intégrer, de manière générale, le circuit des abattages clandestins, échappant ainsi à tout contrôle vétérinaire officiel. Il est donc impératif de prendre des mesures à cet égard, car c’est une question de santé publique », recommande docteur Ibrahima Thiam, spécialiste en production animale à la Fao.
Les zoonoses, ces maladies transmissibles de l’animal à l’homme, sont favorisées par la vente de cette viande qui échappe au contrôle du personnel vétérinaire.
« La tuberculose bovine est une pathologie liée à la consommation de viande provenant d’animaux qui n’ont pas été abattus dans des conditions contrôlées. Elle est transmissible du bovin à l’homme. Elle peut être diagnostiquée à l’abattoir. Il est impossible de détecter cette maladie sur un animal apparemment en bonne santé, d’où l’importance de l’inspection vétérinaire à l’abattoir », prévient-t-il. Comme zoonose, il a aussi, « le charbon bactérien qui peut entraîner une mortalité rapide en 24 à 48 heures. Les personnes peuvent contracter cette maladie lors du dépeçage de l’animal. Le virus peut persister dans le sol pendant jusqu’à 25 ans ». Selon le chef du service départemental de l’élevage et des productions animales de Mbirkilane, Samba Thioye, « La lutte contre le vol de bétail est très importante pour la santé humaine. Quand un animal est volé, il peut transmettre des zoonoses car, l’animal n’est pas identifié, ni inspecté et pas contrôlé ». Il rappelle également le rôle des éleveurs dans la lutte contre le vol de bétail. « Il reste encore beaucoup de choses à faire. Parce que pour un animal volé, normalement, l’éleveur doit se rendre au service technique. Il doit faire la déclaration de perte en dressant les marques particulières de l’animal. Et une fois fait, ce dossier doit être déposé à la gendarmerie. Et chacun des acteurs recevra une copie, une fois l’animal retrouvé, il est vraiment très facile à identifier », affirme-t-il.
F. NDIAYE