Le Parti socialiste (PS) a officiellement exprimé son opposition à la procédure engagée pour l’adoption du projet de loi n°17/2026 portant révision de la Constitution. Dans une déclaration publiée ce 28 juin 2026, la formation politique appelle à la suspension immédiate de l’examen du texte par l’Assemblée nationale et plaide pour l’ouverture d’un vaste dialogue national, suivi d’un référendum populaire.
Pour le PS, une réforme de la Constitution ne peut être conduite sans une large consultation des citoyens, compte tenu de son impact sur le fonctionnement des institutions et sur l’avenir du pays.
Dans son communiqué, le Parti socialiste rappelle que la Constitution constitue le socle de l’État de droit et le fondement de l’organisation des pouvoirs publics. À ce titre, toute modification importante devrait, selon lui, faire l’objet d’un consensus national.
Le parti estime que le projet actuellement soumis au Parlement est « inadapté » au contexte actuel et ne répond pas aux exigences d’une réforme constitutionnelle durable. Il affirme rester attaché aux valeurs de démocratie, de dialogue et de justice sociale qui ont marqué son histoire politique.
Sur le fond, le PS considère que plusieurs dispositions proposées ne permettent pas de rééquilibrer les rapports entre les institutions.
Selon la formation politique, certaines mesures pourraient au contraire renforcer le poids de la majorité parlementaire sans instaurer de contre-pouvoirs suffisants.
Le parti s’interroge également sur l’inscription de nouveaux droits économiques et sociaux dans la Constitution sans que les mécanismes de financement nécessaires à leur mise en œuvre soient clairement définis. Une telle démarche risquerait, selon lui, de créer des engagements difficiles à concrétiser.
Le Parti socialiste exprime en outre des réserves concernant la création d’une Cour constitutionnelle, estimant que l’indépendance de cette future institution dépendra avant tout des modalités de désignation de ses membres et des garanties offertes à son fonctionnement.
Tout en reconnaissant que le Parlement dispose de la compétence juridique pour réviser la Constitution, le PS considère qu’une réforme de cette ampleur devrait être soumise directement au peuple.
Le parti estime qu’un référendum permettrait de renforcer la légitimité du texte et de consolider la confiance entre les citoyens et les institutions.
À ses yeux, le recours exclusif à la voie parlementaire pourrait alimenter les incompréhensions et accentuer les tensions politiques autour de la réforme.
Le Parti socialiste juge également que le calendrier choisi n’est pas opportun.
Selon lui, les préoccupations majeures des Sénégalais demeurent la lutte contre la vie chère, la création d’emplois pour les jeunes, le soutien au pouvoir d’achat, le développement agricole et le renforcement de la souveraineté alimentaire.
Le parti estime que ces défis devraient constituer les principales priorités de l’action publique avant l’ouverture d’un vaste chantier constitutionnel.
Dans sa déclaration, le Parti socialiste formule trois demandes principales :
En conclusion, le PS précise que sa démarche ne vise pas à défendre le statu quo institutionnel, mais à promouvoir une méthode fondée sur le dialogue et le consensus.
« Une Constitution n’est pas la propriété d’une majorité politique passagère ; elle constitue le contrat fondamental qui unit l’ensemble des Sénégalais », souligne le communiqué, qui appelle enfin les citoyens à privilégier un débat républicain, apaisé et respectueux des institutions.
Sunuker News Desk
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