La classe politique congolaise est en ébullition suite à l’officialisation de l’engagement de l’ancien président Joseph Kabila à la tête du Front pour la refondation de la Nation (FRN), une nouvelle structure regroupant notamment les rebelles de l’AFC/M23. Alors que ses anciens alliés se fracturent ou prennent leurs distances, le camp présidentiel monte vigoureusement au créneau pour fustiger cette transition vers la lutte armée.
Une levée de boucliers au sein de la majorité
L’ancrage assumé de Joseph Kabila dans cette rébellion suscite de vives condamnations à Kinshasa. Des personnalités influentes, à l’instar de Vital Kamerhe — ancien responsable institutionnel ayant traversé les époques sous Kabila et sous Félix Tshisekedi — ont qualifié cette posture de « grave ». Tout en rappelant l’ancien chef de l’État à son bilan, les ténors de la majorité soulignent qu’aucune ambition politique ne saurait justifier de sacrifier de nouvelles vies humaines ou d’embraser l’est du pays.
Dans la même dynamique, des formations politiques comme l’Alliance des forces démocratiques du Congo (AFDC) de Modeste Bahati Lukwebo ont publiquement rejeté cette option belliqueuse. Tout en réaffirmant leur loyauté envers l’exécutif actuel au sein de l’Union sacrée de la Nation, ces alliés du pouvoir plaident pour des issues strictement pacifiques et un dialogue inclusif face aux crises sécuritaires.
Entre silence de l’opposition et lourds passifs judiciaires
Si la majorité macroniste et ses partenaires multiplient les déclarations indignées, l’opposition observe quant à elle une prudente réserve. Les structures contestataires, telles que la Coalition article 64 (C64) mobilisée contre les velléités de révision constitutionnelle, retiennent leur souffle et n’ont pour l’heure affiché aucune position officielle.
Pour rappel, cette formalisation politique intervient dans un climat déjà ultra-tendu, marqué par la condamnation par contumace de Joseph Kabila à la peine capitale prononcée fin septembre 2025 par la justice militaire, qui le soupçonnait de longue date de collusion avec les mouvements insurrectionnels actifs dans la région.