La crise qui secoue le Parti socialiste (PS) prend une nouvelle ampleur. Des responsables contestataires sont montés au créneau pour dénoncer la gestion de la secrétaire générale par intérim, Aminata Mbengue Ndiaye, qu’ils tiennent pour responsable de l’affaiblissement progressif de cette formation politique historique. À Thiès, lors d’un point de presse organisé le 4 novembre 2026, Daour Sagna a exprimé le profond mécontentement de son camp et annoncé une intensification de la mobilisation contre l’actuelle direction.
Le malaise au sein du parti fondé par Léopold Sédar Senghor ne semble pas près de s’apaiser. Pour Daour Sagna et ses camarades, le PS traverse une crise politique et organisationnelle majeure, caractérisée notamment par une perte d’influence, une démobilisation des militants et le départ de plusieurs responsables. Les contestataires estiment que la formation socialiste ne parvient plus à jouer le rôle qui était historiquement le sien dans la vie politique sénégalaise.
Au cours de leur rencontre avec la presse, ils ont vivement mis en cause la gouvernance d’Aminata Mbengue Ndiaye, dénonçant une direction qu’ils jugent déconnectée de sa base militante. Selon eux, la préservation des intérêts de certains responsables aurait pris le dessus sur la reconstruction et le renouvellement du parti.
Cette contestation ne se limite plus aux déclarations publiques. Sept militants et cadres socialistes, parmi lesquels Daour Sagna, Amadou Sow, Birahima Camara et Ibrahima Ndiaye, ont engagé une procédure judiciaire contre la dirigeante. Leur démarche vise à faire constater l’expiration des mandats issus du congrès de juin 2014 et à obtenir la désignation de responsables chargés de préparer un congrès ordinaire. <Cite refs={[« turn278904search0″, »turn278904search1 »]}/>
Les requérants contestent notamment la durée de l’intérim d’Aminata Mbengue Ndiaye, qui avait été appelée à assurer la direction du PS après la disparition d’Ousmane Tanor Dieng, en juillet 2019. La décision de succession provisoire avait été annoncée par le Secrétariat exécutif national en octobre de la même année, dans l’attente du prochain congrès ordinaire. <Cite refs={[« turn278904search11″, »turn278904search14 »]}/>
Les frondeurs considèrent que cette période transitoire ne saurait se prolonger indéfiniment. Ils invoquent les dispositions statutaires relatives à la périodicité des congrès et au renouvellement des structures du parti. Ils rejettent également les accusations selon lesquelles leur action judiciaire aurait pour objectif de faire emprisonner la secrétaire générale. Ils assurent vouloir obtenir une clarification juridique sur la gouvernance et le fonctionnement des instances socialistes.
Le contentieux a connu un nouveau développement le 2 novembre 2026. Alors que l’affaire devait être examinée par le juge des référés du Tribunal de grande instance de Dakar, l’audience a été renvoyée au 23 novembre à la demande de l’avocate du Parti socialiste. Ce report doit permettre aux différentes parties de préparer leurs arguments avant l’examen du dossier. <Cite refs={[« turn278904search0 »]}/>
Les tensions sont également alimentées par les incidents survenus à la Maison du parti, à Colobane. Les contestataires dénoncent les conditions d’accès au siège et accusent certains responsables d’avoir empêché des militants de faire entendre leurs revendications. Ils évoquent des barricades et des affrontements qui auraient pu avoir des conséquences plus graves. Face à cette situation, ils affirment avoir privilégié la voie judiciaire plutôt que la confrontation.
Daour Sagna et ses camarades critiquent aussi les initiatives engagées par la direction pour relancer le fonctionnement du parti. Ils jugent insuffisants les mécanismes de réforme mis en place et réfutent toute tentative de présenter leur mobilisation comme une opération téléguidée par des personnalités extérieures ou par les signataires du Manifeste Dundal PS.
De son côté, la ligne officielle défend la continuité de la direction actuelle. En juin 2026, Louis Thomas Ciss, responsable des coordinations socialistes du département de Thiès, avait notamment soutenu qu’Aminata Mbengue Ndiaye ne pouvait être écartée de ses fonctions en dehors d’un congrès. Il avait également évoqué les difficultés ayant retardé le renouvellement des instances du parti. <Cite refs={[« turn278904search10 »]}/>
Malgré ces divergences, les contestataires maintiennent leur exigence d’un changement à la tête de la formation socialiste. Ils appellent Aminata Mbengue Ndiaye à tirer les conséquences de la situation et à envisager son départ afin de faciliter une nouvelle dynamique interne.
Pour la suite, Daour Sagna annonce un plan d’action comportant 93 points. Parmi les initiatives envisagées figure une mobilisation pacifique à la Maison du parti de Colobane, avec pour objectif de réclamer un accès libre au siège et le renouvellement de la direction. Les frondeurs préviennent ainsi que leur bataille judiciaire ne constitue que le premier volet d’une offensive politique plus large.
À l’approche de la prochaine audience du 23 novembre, le Parti socialiste se retrouve donc face à un défi majeur : préserver son unité, clarifier les conditions de renouvellement de ses instances et retrouver une place significative dans le paysage politique sénégalais.
La Redaction – Sunuker.net
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