Un nouveau cap dans la violence a été franchi dans le sud-ouest du Pakistan. Une faction armée a pris d’assaut un poste de sécurité lié à un projet d’infrastructure stratégique, coûtant la vie à au moins neuf agents de police.
Le drame s’est noué dans la province instable du Balouchistan. Selon les déclarations de hauts responsables locaux, notamment Abdul Qudoos, un groupe de commandos lourdement armés a encerclé et attaqué un point de contrôle clé. Ce dernier était chargé de sécuriser le chantier de construction du barrage de Mangi.
Le bilan provisoire fait état de neuf policiers tués, tandis que plusieurs autres personnels manquent encore à l’appel. Les autorités de la province ont confirmé l’ampleur des pertes, précisant que des officiers supérieurs de la police locale figurent parmi les victimes de cette embuscade, attribuée par les services de sécurité à des groupes insurgés.
Cette attaque met une nouvelle fois en lumière la situation sécuritaire critique du Balouchistan. Frontalière de l’Afghanistan et de l’Iran, cette province immense et stratégique regorge de ressources minières et gazières. Elle est pourtant le théâtre d’une double insurrection de basse intensité : d’un côté, des mouvements séparatistes baloutches qui contestent la mainmise d’Islamabad sur les richesses locales, et de l’autre, des factions islamistes armées. Les forces de l’ordre, les infrastructures étatiques ainsi que les projets de développement financés par des capitaux étrangers y sont régulièrement pris pour cibles.
Au-delà de l’aspect sécuritaire interne, cet événement s’inscrit dans un contexte régional ultra-tendu. Le gouvernement pakistanais accuse de manière récurrente le régime taliban d’Afghanistan de fermer les yeux — voire de soutenir — les bases arrière de ces groupes terroristes de l’autre côté de la frontière. Une accusation fermement rejetée par Kaboul.
Ces frictions se sont récemment traduites par des escarmouches armées directes le long de la ligne de démarcation. Islamabad a mené plusieurs raids aériens en territoire afghan pour éliminer des cellules de miliciens. Cependant, ces frappes militaires restent vivement critiquées par les Nations unies et le gouvernement taliban, qui déplorent la mort de nombreux civils pris entre deux feux.
La Rédaction : sunuker.net
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