SOCIETE / FAITS DIVERS

Oussouye : Après des décennies d’exil, le village de Djirack amorce sa reconstruction face aux mines et à l’enclavement

Le calvaire lié à l’exil forcé s’estompe progressivement pour les populations de la Casamance. Situé dans la commune de Santhiaba Manjack, tout près de la frontière avec la Guinée-Bissau, le village cosmopolite de Djirack panse ses plaies après avoir été dévasté par les affrontements armés opposant les forces de défense nationales aux combattants du MFDC. Plus de trente ans après avoir fui les crépitements d’armes qui avaient transformé leur localité en bourgade fantôme entre 1995 et 1996, plusieurs dizaines de familles reviennent relever leurs concessions, bien décidées à redynamiser leur terroir.

L’obstacle majeur des mines et de l’isolement géographique

Si l’accalmie durable notée dans la région Sud permet un retour progressif au bercail, la reprise des activités économiques fait face à de lourds défis structurels. Réputé pour son immense potentiel agricole, Djirack demeure paralysé par un enclavement endémique et la présence de mines antipersonnel. Cet héritage douloureux du conflit interdit aux agriculteurs l’accès direct aux rizières et aux champs fertiles.

Face à ce péril invisible, le maire de Santhiaba Manjack, Ousmane Djicoumène Diatta, ainsi que les responsables associatifs locaux, lancent des appels pressants pour l’accélération des programmes de déminage humanitaire. Cette dépollution reste indispensable pour sécuriser les terres et envisager des chantiers d’envergure, comme la construction de l’hôtel de ville, toujours bloquée au cœur du parc national de Basse Casamance.

Solidarité citoyenne : Les populations prennent les devants

Face à la lenteur des interventions publiques, la communauté de Djirack refuse la fatalité. Sous la coordination de Daouda Diallo, président de l’Association pour le développement de Djirack (ADD), une dynamique d’entraide communautaire s’est mise en place. Chaque week-end, les résidents et les ressortissants venus des grandes agglomérations environnantes comme Ziguinchor, Cap Skirring ou Cabrousse unissent leurs forces pour réhabiliter la piste impraticable reliant Boudiédiète à Djirack.

Cette mobilisation a déjà permis de construire sept ponts artisanaux en bois pour franchir les bolongs et s’affranchir d’une voie de contournement coûteuse qui passait jusqu’alors par la Guinée-Bissau. Grâce aux cotisations de la diaspora et des villageois, plusieurs millions de francs CFA ont été investis pour financer la main-d’œuvre et les matériaux indispensables. Tout en démontrant leur résilience, les habitants rappellent toutefois que leurs ressources restent limitées et espèrent un relais rapide et efficace des autorités étatiques pour pérenniser ces chantiers de désenclavement.

Auteur : sunuker.net

N'diawar Diop

Recent Posts

Diass : un mort et 26 blessés dans un violent accident impliquant plusieurs véhicules

Un grave accident de la circulation s’est produit hier soir à Diass, à hauteur de…

1 heure ago

Nord-Foire : trois jours après sa disparition, un chauffeur de Yango retrouvé mort dans sa voiture

Le corps sans vie de Mohamed Diop, un chauffeur de VTC de 27 ans, a…

1 heure ago

L’Afrique lance à Maurice sa propre agence de notation financière

L'Afrique lancera mercredi à Maurice sa propre agence de notation, dont l'objectif est de remédier…

1 heure ago

Abdoulaye Baldé sort de sa réserve : ses vérités sur la crise au Sénégal

Dans un entretien accordé à L’Observateur, Abdoulaye Baldé, leader de l’Union centriste du Sénégal (UCS), livre…

2 heures ago

Secteur industriel : Le repli de l’or et des mines plombe les chiffres du 2e trimestre 2026

L’économie sénégalaise enregistre un ralentissement au niveau de son secteur industriel. Selon la Note de…

2 heures ago

Sénégal : Entre rebond du commerce, hausse des services et repli des créations d’entreprises au 2e trimestre 2026 (UEMOA)

​Les derniers indicateurs de la Note de conjoncture économique régionale dans l'UEMOA (N° 72) de…

2 heures ago