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«On doit s’attendre à d’autres mesures de hausse résultant de la baisse des subventions »

« En économie, la théorie de l’équilibre général permet de comprendre comment les conditions de demande et d’offre interagissent et contribuent à la détermination des prix sur plusieurs marchés (marchés des biens et services, marché du travail, marché des capitaux) », a écrit l’économiste. Il a rappelé qu’en novembre dernier l’Etat du Sénégal a pris des mesures de baisse des prix de certaines denrées de consommation (marché des biens et services), après avoir augmenté les salaires (marché du travail) alors que la Bceao a revu à la hausse ses taux directeurs (marchés des capitaux) à 3 reprises entre juin décembre. Selon lui, les conditions d’accès au crédit ont donc été durcies.
 
«Les modèles dynamiques d’équilibre général accordent une importance particulière aux chocs de demande, contrairement aux modèles de cycle réels qui insistent sur les chocs d’offre et excluent les chocs monétaires. C’est ainsi qu’ils intègrent les chocs sur les dépenses publiques et les actions de la banque centrale pour mieux analyser les fluctuations de l’activité économique », a expliqué le professeur à la Faseg.
 
Abou Kane de souligner que le 6 janvier 2023, le gouvernement a annoncé une hausse des prix du carburant et de l’électricité sans utiliser selon lui, le mot « hausse » mais les expressions « ajustement de prix » et « réduction de subvention »; c’est pour la «Com certainement ». M. Kane relève que pourtant il y a juste quelques semaines, des mesures de baisse des prix ont été prises et elles ont coûté à l’Etat 157 milliards FCFA. Avant cela, poursuit-il, les mesures d’augmentation de salaires avaient coûté 120 milliards ; ce qui fait un coût total de 277 milliards.  
 
« Heureusement pour l’Etat et malheureusement pour les consommateurs, la hausse des prix du carburant et de l’électricité décidée hier a permis de récupérer 258 des 277 milliards : Rien ne se perd, rien ne se gagne, tout se transforme, la différence pouvant entrer dans la rubrique « erreurs et omissions » ou « résidu » comme dans la balance des paiements ou dans un modèle économétrique », a indiqué l’enseignant chercheur.
 
Par rapport à 2022, il a fait savoir que les subventions à l’énergie vont baisser de 27%, passant de 750 milliards à 546 milliards (au lieu de 804 milliards initialement prévus).
 
« Puisque les chocs externes sont fréquents, on doit s’attendre à d’autres mesures de hausse résultant de la baisse des subventions parce que l’Etat n’y pourra rien. On tendra de plus en plus vers la vérité des prix et il faut continuer dans la lancée de la vérité sur les prix comme ça a été fait avec une note détaillée », a conclu le Pr Abou Kane.
 
Adou FAYE
 
 

James Dillinger

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