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Mort du génocidaire présumé Augustin Bizimana: «Il aurait dû faire face à la justice»

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Les visages d’Augustin Bizimana et de Félicien Kabuga dessinés d’une croix, parmi les principaux fugitifs, au bureau de l’Unité de recherche des fugitifs du génocide, à Kigali le 22 mai 2020. Simon Wohlfahrt / AFP

Au Rwanda, l’association Ibuka, qui représente les rescapés du génocide des Tutsis de 1994, exprime sa déception après l’annonce, vendredi 22 mai, de l’identification des restes du génocidaire présumé Augustin Bizimana, au Congo-Brazzaville. Ce dernier serait mort en 2000, à Pointe-Noire, selon le Mécanisme résiduel pour les tribunaux pénaux internationaux qui a conduit l’enquête.

Avec Félicien Kabuga, arrêté le 16 mai en région parisienne, l’ancien ministre de la Défense rwandais Augustin Bizimana était l’un des principaux fugitifs encore poursuivis par la justice internationale pour leur implication présumée dans le génocide des Tutsis.

Jean-Pierre Dusingizemungu, président d’Ibuka, déplore la lenteur de la justice internationale dans cette affaire : « Augustin Bizimana aurait dû faire face à la justice, nous ne voyons pas pourquoi le système judiciaire international doit prendre tout son temps pour arriver à une telle conclusion. Et cela nous étonne. »

« Pourquoi est-ce qu’une telle information tombe seulement quelques jours après l’arrestation de Félicien Kabuga ?, s’interroge encoreJean-Pierre Dusingizemungu. Ce sont des questions que l’on peut se poser. Cette lenteur du système judiciaire international, on ne peut que la condamner. Nous savons que ce système dispose de moyens colossaux pour faire toutes les enquêtes. Et s’ils doivent attendre que les gens meurent sans qu’ils aient été traduits devant la justice, c’est une façon de nous refuser cette justice-là, que nous attendons depuis longtemps. »

Augustin Bizimana aurait dû répondre de 13 chefs d’accusation pour génocide, crimes contre l’humanité et crimes de guerre. Il était aussi inculpé pour l’assassinat de l’ex-Première ministre, Agathe Uwilingiyimana, aux prémices du génocide et aurait dû répondre enfin de sa participation présumée dans l’assassinat des casques bleus belges à Kigali.

N'diawar Diop

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