Une frappe de drone sur le marché d’Amiet, dans la région contestée d’Abyei, a fait plus de 220 morts selon les autorités locales. Le bilan, particulièrement lourd, a suscité une condamnation des Nations unies et provoqué une réaction diplomatique du Soudan du Sud, qui a convoqué l’ambassadeur soudanais.
Le marché d’Amiet, lieu de rassemblement et d’échanges commerciaux pour les populations de cette région frontalière, a été frappé le lundi 19 octobre 2026. Les autorités administratives d’Abyei attribuent l’attaque à l’armée régulière soudanaise. Les circonstances précises de la frappe et les responsabilités devront toutefois être établies à partir d’éléments vérifiés.
Le nombre de victimes a considérablement augmenté depuis les premières informations faisant état de 73 morts. Selon les responsables locaux, le bilan a désormais dépassé les 220 décès. Plusieurs personnes seraient encore portées disparues.
Les explosions ont provoqué des incendies qui compliquent le travail des secours. Les opérations de recherche et d’identification des victimes restent difficiles, tandis que les blessés nécessitent une prise en charge médicale urgente. Le bilan pourrait encore évoluer à mesure que les équipes progressent dans leurs recherches.
La violence de cette attaque soulève de nouvelles inquiétudes quant à la protection des civils dans une région déjà fragilisée par les tensions politiques et sécuritaires. Un marché, espace fréquenté par des commerçants, des familles et des habitants venus de localités voisines, ne devrait pas devenir le théâtre d’un tel drame.
Les Nations unies ont condamné les frappes ayant touché la région d’Abyei et rappelé la nécessité de protéger les populations civiles ainsi que les infrastructures civiles, conformément au droit international humanitaire.
Au niveau diplomatique, le Soudan du Sud a convoqué l’ambassadeur du Soudan afin de protester contre l’attaque. Cette démarche témoigne de la gravité accordée à l’incident par les autorités sud-soudanaises, alors que les relations entre les deux pays restent marquées par des différends territoriaux et des enjeux sécuritaires.
Abyei constitue depuis plusieurs années un point de friction entre Khartoum et Juba. Son statut demeure contesté malgré les démarches entreprises pour stabiliser cette zone stratégique, située entre les deux États.
Cette tragédie intervient également dans un contexte de guerre au Soudan, où l’armée régulière affronte les Forces de soutien rapide depuis avril 2023. Le conflit a entraîné des déplacements massifs de population et une crise humanitaire majeure. Dans ce contexte, toute attaque touchant des zones civiles risque d’aggraver encore la situation des habitants.
Au-delà des condamnations, les priorités sont désormais de retrouver les personnes disparues, de secourir les blessés et de soutenir les familles endeuillées. Une enquête rigoureuse devra aussi permettre de clarifier les circonstances de la frappe et d’établir les responsabilités sur la base de preuves.
Sunuker News Desk
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