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Mali: Durée de la Transition

Cet acte intervient 48 heures seulement après le double sommet d’Accra, où les chefs d’Etat ont décidé de ne pas alléger, encore moins lever les sanctions draconiennes qui frappent le Mali depuis le deuxième coup d’Etat de l’ancien patron des Forces spéciales maliennes, au grand désarroi de la junte. Une déception d’autant plus grande que tout laissait croire que toutes les parties trouveraient un terrain d’entente dans la capitale ghanéenne. Il n’en a finalement rien été, chacun campant sur ses positions.

Le locataire du palais de Koulouba qui a fêté le 24 mai dernier sa première année sur la colline du pouvoir, tient à ses deux ans supplémentaires pour parachever l’œuvre de refondation du Mali, et reconquérir tout ou partie du territoire occupé depuis une décennie par une myriade de terroristes, quand l’Organisation sous-régionale table sur 16 à 18 mois. Six petits mois qui divisent les différents protagonistes, incapables jusque-là de faire la moindre concession pour permettre aux choses d’avancer.

Le dernier rebondissement sonne comme un signe d’agacement des autorités de la Transition. On peut, à dire vrai, y voir la continuelle fuite en avant des régimes qui imposent un nationalisme de mauvais aloi, rejetant le diktat d’une CEDEAO dont les dirigeants ne seraient rien d’autre que des valets locaux de l’impérialisme français, qui tirerait les ficelles en sous-main.

Cela dit, en pinaillant à n’en pas finir la CEDEAO, qui apparaît d’ailleurs divisée sur la question malienne, n’a-t-elle pas quelque part apporté de l’eau au moulin du colonel Goïta ? Entre les 18 mois qu’elle juge incompressibles et les 24 mois maliens, n’y avait-il pas la possibilité d’un dénominateur commun pour décharger le fardeau des populations qui sont en réalité les premières et les principales victimes ? Trois mois en plus ou en moins, qu’est-ce qui aurait fondamentalement changé dans la situation malienne où le véritable maître du jeu demeure le terrorisme ?

En attendant, il est certainement plus facile pour les souverainistes à la petite semaine de Bamako de s’opposer par décret à la CEDEAO, que de trouver les recettes pour soulager les finances publiques et leurs compatriotes qui souffrent le martyre en silence.
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Observateur Paalga
 
 

 

James Dillinger

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