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LFR 2026 : Abdourahmane Diouf contre-attaque et règle ses comptes avec Ousmane Sonko

LFR 2026 : Abdourahmane Diouf contre-attaque et règle ses comptes avec Ousmane Sonko

Sunuker News Desk

Le bras de fer autour de la loi de finances rectificative (LFR) 2026 prend une tournure de plus en plus politique au Sénégal. Après les critiques formulées par Ousmane Sonko contre les orientations budgétaires du gouvernement, le ministre de l’Énergie et du Pétrole, Abdourahmane Diouf, est monté au créneau avec une réplique particulièrement acerbe. En mettant en doute le bilan de l’ancien Premier ministre, il déplace le débat des choix économiques vers celui de la responsabilité de ceux qui ont exercé le pouvoir.

« Les conseilleurs ne sont pas les payeurs ! Et qu’a-t-il fait de tous ces “bons conseils” durant 26 mois à la Primature ? Rien ! Nada ! Dara ! Touss ! », a lancé Abdourahmane Diouf. Une sortie offensive qui traduit la tension grandissante entre les responsables de la majorité, alors que le projet de budget rectificatif suscite des désaccords jusque dans les rangs du pouvoir.

Cette passe d’armes intervient après la conférence de presse tenue par Ousmane Sonko, lundi 19 octobre 2026 à Dakar. Le président de Pastef a annoncé que son parti ne voterait pas la LFR 2026 dans sa version actuelle. Il estime que le texte ne respecte pas suffisamment les orientations de l’Agenda national de transformation et dénonce notamment la diminution de certains crédits sociaux et d’investissement.

Au cœur de la contestation figure également la réduction annoncée des subventions aux produits pétroliers. Selon les chiffres avancés par Sonko, l’enveloppe passerait de 790 à 552 milliards de francs CFA. Le leader de Pastef redoute que cette évolution ne se traduise par une hausse des prix des carburants et, par ricochet, par un renchérissement du transport et de plusieurs produits de consommation courante. Il conteste aussi certains arbitrages concernant les dépenses sociales et le financement des priorités économiques. Ces chiffres et leurs conséquences éventuelles restent à apprécier au regard des documents budgétaires et des décisions effectivement adoptées.

Face à ces critiques, Abdourahmane Diouf choisit de rappeler à Sonko ses responsabilités durant son passage à la Primature. Sa déclaration revient à poser une question politique : celui qui critique aujourd’hui les décisions budgétaires du gouvernement a-t-il, lorsqu’il dirigeait l’action gouvernementale, réussi à traduire ses propres recommandations en résultats concrets ? Une interrogation qui nourrit la confrontation, mais qui ne suffit pas, à elle seule, à établir un bilan objectif des politiques menées.

Au-delà des attaques personnelles, le désaccord soulève une question essentielle : comment concilier le redressement des finances publiques, les engagements pris auprès des partenaires financiers et la protection du pouvoir d’achat des Sénégalais ? La réduction des subventions peut contribuer à limiter la charge supportée par le budget de l’État, mais elle risque aussi d’avoir des répercussions sur les ménages et les entreprises si elle entraîne une hausse des prix. À l’inverse, le maintien de soutiens élevés doit être financé et ciblé de manière soutenable.

Ousmane Sonko a appelé à un dialogue entre le gouvernement et les députés afin de trouver une issue avant le vote du texte. Il a également invité le ministre des Finances et du Budget, Cheikh Diba, à un débat public sur les choix économiques contestés. La majorité parlementaire se retrouve ainsi devant un exercice délicat : examiner le budget sans ignorer les impératifs financiers du pays ni les préoccupations sociales exprimées par une partie de ses propres responsables.

La sortie d’Abdourahmane Diouf ajoute une dimension politique à une controverse qui porte, à l’origine, sur les finances publiques. Reste à savoir si cette confrontation débouchera sur une négociation permettant de modifier le texte ou si les divergences finiront par provoquer un blocage parlementaire. Pour les Sénégalais, l’enjeu dépasse les rivalités entre dirigeants : il concerne directement le coût de la vie, les dépenses publiques et la capacité de l’État à financer ses priorités.

Sunuker News Desk

James Dillinger

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