Former Russian Minister in charge of the "Open Government" Mikhail Abyzov, left, talks with his lawyer before a hearing in a court in Moscow, Russia, Wednesday, March 27, 2019. The Investigative Committee said Tuesday that Abyzov is accused of presiding over a criminal group that embezzled funds belonging to two energy companies in Siberia and siphoned them into foreign bank accounts. (AP Photo/Pavel Golovkin)
Luttes de clan, bataille pour les ressources et politique délibérée du Kremlin expliquent la multiplication des arrestations de hauts fonctionnaires et d’élus.
Semaine après semaine, bruyamment relatés ou annoncés en toute discrétion, les comptes rendus d’arrestations dans les hautes sphères de l’Etat russe se succèdent inlassablement. Présentes à la « une » des quotidiens moscovites ou dénichées dans les entrefilets de la presse locale, elles constituent le bruit de fond du quatrième mandat de Vladimir Poutine, une nouvelle donne qu’aucun membre de l’élite au pouvoir ne peut ignorer.
Sur les seules deux premières semaines du mois de juillet, le bilan est impressionnant. Il y eut ainsi, le 1er juillet, l’arrestation de trois hauts fonctionnaires au Daghestan, dans le Nord-Caucase ; deux jours plus tard, des perquisitions menées au siège de l’administration de la région de Voronej ; le lendemain, l’arrestation de six membres du FSB (les services de sécurité russes) ; le même jour, l’arrestation du représentant du président dans le district fédéral de l’Oural, suivie de celle du vice-président du conseil d’administration de la caisse des retraites, des anciens premier ministre et ministre des finances de la région d’Astrakhan… Puis, successivement, des perquisitions au sein du gouvernement de Iakoutie, dans l’administration de la ville de Saint-Pétersbourg, à la Banque centrale… Systématiquement, il est question de corruption ou de crimes économiques.
Il y a quelques mois, sur le site d’un journal localde la région de Rostov-sur-le-Don, dans le sud du pays, la rubrique « Arrestations de hauts fonctionnaires » est apparue. Depuis le mois de mai y sont recensées les mésaventures de deux vice-gouverneurs, d’un ministre, de la chef des services fiscaux… Institution par institution, le tableau est tout aussi parlant. Au sein du puissant Comité d’enquête, ce ne sont pas moins de sept généraux qui se sont succédé depuis trois ans derrière les barreaux.
Ces enquêtes criminelles sont à distinguer de pratiques anciennes.
lemonde.fr
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