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L’Etat ivoirien contre la libération sans condition de Gbagbo

L’Etat de Côte d’Ivoire a déposé une demande auprès de la Cour pénale Internationale (CPI) pour s’opposer à la libération sans condition de l’ex-président ivoirien Laurent Gbagbo, acquitté en 1ère instance mais en liberté surveillée en Belgique en raison d’un appel de la Procureure.

« La République de Côte d’Ivoire sollicite l’autorisation de la Chambre d’appel de pouvoir présenter des observations écrites sur la requête (…) de Laurent Gbagbo visant à la remise en liberté sans condition de celui-ci », écrivent les avocats Jean-Pierre Mignard et Jean-Paul Benoit qui demandent à la Cour de « rejeter la requête déposée ».

Dans leur courrier de 7 pages déposée le 25 octobre, les deux avocats promettent au cas où la Cour l’accepte de « transmettre un document plus complet » qui viendrait étayer cette demande de rejet de la libération sans condition de Gbagbo.

Début octobre, Me Emmanuel Altit, conseil principal de Gbagbo, avait demandé à la Chambre d' »ordonner la mise en liberté immédiate et sans condition » de son client et « de dire qu’il peut être libre d’aller où il le souhaite, par exemple dans son propre pays ».

« Laurent Gbagbo pourrait en effet, à la demande de responsables politiques du pays, être amené à participer à la campagne ou même être amené, par hypothèse, à poser sa propre candidature » à la présidentielle de 2020, écrivait l’avocat.

Selon une source au sein du camp Gbagbo, « l’équipe de Gbagbo a répondu à cette demande et invité la Cour à rejeter la requête de l’Etat ivoirien au motif que celui-ci ne fait pas partie du procès et ne peut être autorisé à intervenir dans la procédure ».

La procureure de la CPI, Fatou Bensouda, a fait appel de l’acquittement de crimes contre l’humanité prononcé en janvier en faveur de Laurent Gbagbo et de Charles Blé Goudé, l’ex-chef du mouvement pro-Gbagbo des Jeunes Patriotes.

Dans l’attente, Gbagbo réside à Bruxelles, et Blé Goudé, qu’aucun pays n’a accueilli, est resté aux Pays-Bas.

Les deux hommes ont été jugés pour crimes contre l’humanité commis en 2010 et 2011 au cours des violences post-électorales qui avaient fait 3.000 morts en Côte d’Ivoire, avant d’être acquittés et libérés sous conditions.

L’éventuel retour de Laurent Gbagbo dans son pays avant la présidentielle de 2020 est devenu un serpent de mer de l’actualité ivoirienne, dans un contexte tendu.

A Par Oeil d’Afrique vec AFP

N'diawar Diop

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