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Les États-Unis sous le choc : 251 « tueries de masse » depuis le début de l’année

Les États-Unis sont sous le choc. En quelques heures, deux fusillades ont fait 29 morts et des dizaines de blessés. À El Paso, à la frontière du Mexique, un homme a ouvert le feu près d’un centre commercial avant d’être arrêté. Il voulait apparemment s’en prendre à la communauté hispanique.

Dans la ville de Dayton, dans l’Ohio, une autre fusillade a éclaté à la sortie de bars et de restaurant. L’homme a été abattu.  Selon l’ONG Gun Violence Archives, les États-Unis ont connu 251 « tueries de masse » depuis le début de l’année, celles qui ont fait au moins 4 victimes, mortelles ou non.

251 fusillades qui ont fait près de 272 morts et un millier de blessés depuis le début de l’année. Des chiffres qui donnent le vertige.  L’ONG Gun Violence Archives recense ce qu’on appelle les « tueries de masse » aux États-Unis, lorsqu’un individu en général isolé tire dans la foule pour faire le plus de victimes possibles.

Que ce soit dans une école, un supermarché, un lieu de culte ou un concert… Tous les États du pays sont concernés. Les motifs des tireurs, parfois très jeunes, peuvent être idéologiques, à caractère raciste ou simplement lié à une vengeance.

Les États-Unis sont régulièrement endeuillés par ces fusillades. C’est l’un des pays au monde où il y a le plus d’armes à feu rapportées au nombre d’habitants. La vente d’armes y est libre.

À chaque drame, le débat revient sur une meilleure régulation voire une interdiction, mais le lobby des armes est très puissant. Et culturellement, une partie du pays reste très attachée aux libertés individuelles, incluant celle de posséder une arme et de se défendre soi-même, quitte à sacrifier des victimes innocentes.L’émotion ne parvient pas à se traduire en texte législatif pour des raisons qui sont à la fois culturelles et institutionnelles…Didier Combeau, politologue spécialiste des États-Unis, chercheur associé à l’Institut des Amériques.

? Témoignage à El Paso

La peine de mort contre le tireur d’El Paso. Les autorités du Texas vont requérir la peine de mort contre le tireur d’El Paso. L’homme a abattu samedi 20 personnes dans un centre commercial de cette ville du sud des États-Unis. Carlos Gutierrez, un photographe, nous raconte l’atmosphère qui règne à El Paso.

« Beaucoup de personnes ont annulé ce qu’elles avaient prévu. Des concerts qui devaient se tenir aujourd’hui ont été annulés, un match de baseball  a été annulé. Beaucoup d’endroits n’ouvriront pas dimanche, car ce sera considéré comme un jour de deuil. Je crois que les gens vont  au centre commercial et dans les églises. La nuit dernière, il y a eu des veillées dans des écoles et d’autres lieux publics. À Ciudad Juárez, qui est juste à côté, des gens se sont aussi réunis avec des bougies pour être solidaires de la communauté d’El Paso.

Mais au-delà de la tristesse, maintenant, on ne se sent plus autant en sécurité. Beaucoup de gens préfèrent rester chez eux. Quand on ira dans un lieu public, désormais, cela ne sera plus pareil… On ne sait pas si cela va arriver à nouveau. Comme on ne pensait pas que cela arrive un jour ici à El Paso, maintenant, ce sera différent. »Il y a des États où la question des armes à feu est une question perdante. La NRA et les autres groupes du même genre savent mobiliser le petit pourcentage d’électeurs pour qui les armes à feu sont extrêmement centrales…Didier Combeau, politologue spécialiste des États-Unis, chercheur associé à l’Institut des Amériques

L’affaire est désormais traitée comme un acte de terrorisme intérieur. La motivation du suspect : le racisme. Il a lui-même présenté son acte comme une réponse à « l’invasion hispanique au Texas ». Sur Twitter, le président Donald Trump a dénoncé un « acte de lâcheté ». Pourtant, aux yeux de Carlos Gutierrez, Américain d’origine mexicaine, Donald Trump a une responsabilité dans ce qu’il s’est passé.

« Le racisme a toujours existé, ici, aux États-Unis. Mais il était très caché. Maintenant avec Trump et tout ce qu’il dit, beaucoup de gens se montrent au grand jour. Et l’on sent qu’il y a plus de racisme depuis le début du mandat du président Trump. Avant les gens ne le disaient pas, mais maintenant, il y a beaucoup de vidéos de personnes qui se mettent en colère parce que quelqu’un parle espagnol et pas anglais. Je crois que cela a toujours existé, mais Trump leur offre un appui en quelque sorte, ils se sentent soutenus. Trump d’une certaine manière met de l’huile sur le feu. Donc oui, je crois que ce qu’il s’est passé a un rapport. Le tireur n’est pas d’El Paso; il est venu de Dallas pour tuer à El Paso, parce qu’ici il y a beaucoup plus de latinos. Il est venu pour ça. »

James Dillinger

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