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Le Nigeria, premier marché d’Afrique, ratifie la zone de libre échange continentale

Le Nigeria, premier marché d’Afrique avec près de 200 millions d’habitants, a ratifié mercredi la zone de libre-échange continentale africaine (Zlec), censée devenir l’espace commercial le plus peuplé du monde, a annoncé son gouvernement sur Twitter.

Ce marché commun ambitionne de faire progresser les échanges intra-africains pour doper les économies du continent le moins développé.

Sur les 55 pays africains, 54 (sauf l’Érythrée) ont déjà signé cet accord lancé officiellement en juillet 2019. Tous ne l’ont pas encore ratifié.

Initialement, le marché devait être actif dès le 1er juillet 2020. Mais la fermeture de la plupart des frontières à cause de la pandémie de coronavirus a repoussé cette date au 1er janvier 2021.

Cette nouvelle échéance reste toutefois hypothétique, voir « improbable », selon les experts. A cause de l’épidémie, mais aussi car « des différences importantes persistent encore entre les pays mais aussi entre les différents blocs régionaux », selon Ikemesit Effiong, de l’institut SBM Intelligence. « Il n’y a tout simplement pas assez de temps pour conclure les négociations à temps », selon lui.

Au-delà de la pandémie qui bloque les échanges, la réalisation effective de la Zlec reste encore nébuleuse.

Les frontières du Nigeria, qui vient de ratifier l’accord, sont toujours fermées avec ses voisins et partenaires économiques. Bien avant le coronavirus, en août 2019, le géant africain avait pris unilatéralement cette mesure ultra-protectionniste pour endiguer le commerce de contrebande et stimuler son économie nationale.

Cette fermeture viole d’ailleurs l’accord de libre-échange de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cédéao), dont fait partie le Nigeria.

Le commerce intra-africain ne représente que 15% des échanges totaux du continent, contre 70% pour l’Union européenne.

L’objectif des négociations est la disparition des taxes douanières pour 97% des produits d’ici 15 ans, avec une application graduelle pour les pays les moins développés.

Cette libéralisation entraînerait une augmentation d’environ 16% du commerce intra-africain, selon les calculs du Fonds monétaire international (FMI).

Pour beaucoup, il faut aller plus loin: en supprimant les obstacles non tarifaires, comme la médiocrité des infrastructures de transport, de logistique, de communication et l’harmonisation des systèmes de paiement.

L’accord ne fait toutefois pas l’unanimité, ses détracteurs évoquent le manque de complémentarité des économies africaines et craignent que des importations bon marché ne portent préjudice aux petits producteurs agricoles et industriels.

N'diawar Diop

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