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Laxisme dans la lutte contre la résistance aux antimicrobiens : Pr Khady Ba Fall milite pour une requalification du phénomène, en pandémie

Pr Khadidiatou BA Fall, Chef de service pathologies infectieuses à l’Hôpital Principal est pour une requalification du phénomène de la résistance aux antimicrobiens (RAM), en pandémie. La Cheffe de service pathologies infectieuses à  l’Hôpital Principal, estime que le fait de la requalifier en pandémie pourrait permettre de mettre en place toutes les mesures de prise en charge d’une pandémie comme celles de la  pandémie de Covid-19. Elle s’exprimait en marge du 2éme congrès de la société  sénégalaise de Pathologie infectieuse tropicale (SOSEPIT) tenu lundi 28 avril 2025.

Malgré ses nombreux dégâts en termes de décès enregistrés et d’autres projetés vers les années 2050, selon les estimations de l’organisation mondiale de la santé, les mesures décisives pour lutter contre la résistance aux antimicrobiens (RAM) tardent toujours à se concrétiser. Alors que selon les déclarations de l’organisation mondiale de la santé, la résistance aux antimicrobiens est l’une des dix plus grandes menaces pour la santé publique mondiale auxquelles l’humanité ait confronté. C’est un phénomène croissant où les microorganismes évoluent et deviennent résistant aux médicaments, rendant les infections difficiles à traiter.

Accéléré par l’activité humaine notamment l’usage abusif et excessif des antimicrobiens, « la RAM survient lorsque les bactéries, les virus, les champignons et les parasites évoluent au cours du temps et ne répondent plus aux médicaments », a expliqué Pr Khadidiatou Ba Fall, cheffe de service pathologies infectieuses à l’Hôpital Principal.

Au plan thérapeutique, par contre, elle indique que, « les traitements des infections plus complexes augmentent le risque de propagation de formes graves de la maladie. »

« Elle conduit sur le plan pronostic à une augmentation de la morbidité et de la mortalité et une majoration du coût des soins. 1,7 millions de décès rapportés en 2019, 10 millions projetés vers les années 2050 », a poursuivi la cheffe de service pathologies infectieuses à l’Hôpital Principal.

Face à l’ampleur des dégâts que cause ce phénomène, Pr Khadidiatou Fall qui le considère à une vraie pandémie, se demande s’il n’est pas opportun de requalifier cette résistance aux antimicrobiens. A son avis, « le fait de la requalifier en pandémie peut-être permettra de mettre en place toutes les mesures de prise en charge d’une pandémie comme celles de la  pandémie de la Covid-19, qui font qu’en deux ans le Sénégal a pu l’éteindre. »

De son côté, Pr Moussa Seyd, a déploré le qu’il n’y a pas eu d’actions concrètes dans la lutte contre ce phénomène, alors que dit-il « On n’en parle depuis très longtemps. »

Le chef du service des maladies infectieuses et tropicales CHNU de Fann, a également questionné sur l’efficacité de la communication. « C’est peut-être parce qu’il y a eu un problème toujours dans la communication. Est-ce qu’on a bien communiqué ? Est-ce que les autorités sont bien sensibilisées ? », s’interroge-t-il.

L’autre l’aspect selon Pr Seydi : « On doit réfléchir sur une grande question. Comment se fait-il qu’on fasse de bonnes recommandations et que ces recommandations se retrouvent dans les tiroirs  et que 50 ans après on revient pour refaire les mêmes recommandations. »

Le Directeur de cabinet du ministère de la Santé et de l’Action sociale (MSAS), Samba Cor Sarr, a indiqué que pour sa part que : « Notre pays a franchi un pas décisif en rejoignant en 2024 la plateforme mondiale de surveillance dénommée ‘’Glass’’ de l’Organisation mondiale de la santé. »

Une démarche selon lui, qui « s’inscrit dans le plan national multisectoriel de lutte contre la RAM et traduit notre volonté d’asseoir un système de surveillance robuste, harmonisé et intégré, piloté par nos points focaux nationales à RAM, la direction des laboratoires », a-t-il assuré.

Par contre, estime le Dircab du ministère de la santé, « la surveillance ne saurait être efficace sans des outils diagnostiques performants et des laboratoires bien dotés ».

Dans cette optique, informe-t-il, « le ministère de la Santé, à travers la direction des laboratoires, met en œuvre un programme spécial de développement des laboratoires sur la période 2024-2028. »

 

Ousmane GOUDIABY

James Dillinger

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