ParNdiawar Diop pour la Rédaction de Sunuker News Desk
Pendant longtemps, l’Afrique a été considérée comme un continent périphérique dans les grandes relations internationales. Aujourd’hui, cette perception appartient au passé. Le continent est devenu l’un des espaces géopolitiques les plus convoités de la planète.
Des capitales africaines aux grandes organisations régionales, une véritable compétition diplomatique s’est installée entre les principales puissances mondiales. États-Unis, Chine, Russie, Union européenne, Turquie, Inde, Brésil, Japon, Corée du Sud et monarchies du Golfe multiplient les sommets, les visites officielles, les accords économiques et les partenariats stratégiques.
Cette nouvelle réalité constitue une chance exceptionnelle pour l’Afrique. Mais elle comporte également des risques qu’il convient d’anticiper.
Plusieurs facteurs expliquent le regain d’intérêt international pour le continent.
L’Afrique possède certaines des plus importantes réserves mondiales de minerais stratégiques indispensables à la transition énergétique.
Elle dispose d’un immense potentiel agricole.
Sa population devrait dépasser les 2,5 milliards d’habitants d’ici le milieu du siècle.
Son marché de consommation connaît une croissance rapide.
Son espace maritime ouvre des perspectives considérables dans l’économie bleue.
Enfin, sa position géographique lui confère une importance stratégique entre l’Europe, l’Asie, le Moyen-Orient et les Amériques.
Autrement dit, aucune grande stratégie mondiale ne peut désormais ignorer l’Afrique.
Depuis plus de deux décennies, la Chine est devenue l’un des principaux partenaires économiques du continent.
Des milliers de kilomètres de routes, d’autoroutes, de chemins de fer, de ports, de barrages hydroélectriques, d’aéroports et de zones industrielles ont été construits grâce à des financements chinois.
Les entreprises chinoises participent aujourd’hui à des projets d’infrastructures dans presque toutes les régions africaines.
Pour de nombreux gouvernements, cette coopération a permis de combler un important déficit en infrastructures.
Cependant, certains économistes mettent également en garde contre les risques liés à l’endettement, au transfert limité de technologies et à la dépendance financière.
Le véritable défi consiste désormais à faire en sorte que ces investissements produisent davantage de valeur ajoutée locale et favorisent la création d’emplois africains.
Face à l’expansion chinoise, les États-Unis ont progressivement renforcé leur engagement en Afrique.
La coopération américaine s’étend aujourd’hui à plusieurs domaines :
Washington considère désormais le continent comme un partenaire stratégique dans les chaînes d’approvisionnement mondiales, notamment pour les minerais critiques nécessaires aux nouvelles technologies.
Au-delà des enjeux économiques, les États-Unis mettent également l’accent sur la gouvernance démocratique, l’État de droit et le développement du secteur privé.
La Russie poursuit également une stratégie d’influence sur le continent.
Sa coopération concerne principalement :
Plusieurs pays africains cherchent à diversifier leurs partenariats sécuritaires afin de répondre aux défis posés par le terrorisme et les groupes armés.
Cette diversification traduit une volonté croissante des États africains de disposer d’une plus grande liberté dans leurs choix diplomatiques.
Les Émirats arabes unis, l’Arabie saoudite et le Qatar figurent désormais parmi les investisseurs les plus actifs en Afrique.
Leurs investissements concernent :
Le développement des corridors commerciaux entre l’Afrique et le Golfe ouvre de nouvelles perspectives pour les exportations africaines.
Malgré l’arrivée de nouveaux acteurs, l’Union européenne reste l’un des premiers partenaires commerciaux et financiers de l’Afrique.
Les relations euro-africaines couvrent de nombreux secteurs :
Les deux continents partagent également des intérêts communs en matière de sécurité maritime, de lutte contre le terrorisme et de stabilité régionale.
L’enjeu est désormais de construire une relation davantage fondée sur le partenariat que sur l’assistance.
La grande différence avec les décennies précédentes réside dans l’attitude des États africains.
Autrefois contraints de s’inscrire dans les logiques de la guerre froide ou dans des partenariats exclusifs, plusieurs gouvernements privilégient aujourd’hui une approche plus pragmatique.
Ils coopèrent avec plusieurs puissances à la fois, en fonction de leurs intérêts nationaux.
Cette diversification diplomatique renforce leur marge de négociation et leur capacité à attirer des investissements.
L’Afrique n’est plus un terrain de confrontation entre grandes puissances.
Elle devient progressivement un acteur qui entend défendre ses propres priorités.
(À suivre : Deuxième partie consacrée au rôle de l’Union africaine dans la diplomatie mondiale, aux BRICS, à la réforme du Conseil de sécurité des Nations unies, à la souveraineté africaine, au soft power culturel et aux conditions permettant au continent de devenir une véritable puissance diplomatique.)
Par Ndiawar Diop pour la Rédaction de Sunuker News Desk
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