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JOURNEE INTERNATIONALE DU 8 MARS : HOMMAGE À TOUTES LES FEMMES D’AFRIQUE ET DE LA DIASPORA NANNY LA GUERRIÈRE DES MARRONS

Nanny est née aux environs de 1686 au Ghana. Elle venait de la tribu d’Ashanti, l’une des plus puissantes d’Afrique de l’Ouest, et fut emmenée sur l’île de la Jamaïque en tant qu’esclave alors qu’elle n’est encore qu’une enfant. Plusieurs membres de sa famille faisaient partie du voyage et tous furent vendus sur l’île et dispersés selon les régions. Nanny aurait été vendue à Saint Thomas Parish, une région située aux abords de Port Royal où les esclaves travaillaient jour et nuit, dans des conditions inhumaines, sur les plantations de canne à sucre. Ses trois frères et elle avaient été placés chez un même maître.

Mais pour Accompong, Cudjoe, Johnny et Quao, obéir aux maîtres et fournir un aussi dur labeur pour le restant de leur vie étaient absolument inconcevables. Ils décidèrent de partir en marronnage et fuirent de leur plantation en prenant le soin d’emporter leur sœur Nanny.Durant leur cavale, les frères pensaient à se disperser pour mieux organiser leur communautés de marrons. Ainsi, Cudjoe s’installa dans la région de Saint-James Parish où il créera un village qui portera le nom de Cudjoe Town, Accompong prendra la région de Saint-Elizabeth Parish et créera Accompong Town, tandis que Nanny et Quao formeront leur communauté à Portland Parish.

Nanny y rencontrera son futur époux, Adou, mais ils n’auront pas d’enfants.Nanny et ses frères devinrent rapidement les héros du peuple. Avec un courage inouï et une fantastique organisation, ils libéreront des centaines d’esclaves. Vers 1720, Nanny et Quao parvinrent à contrôler la région des Blue Mountains et lui donnèrent le nom de Nanny Town, un territoire de 500 acres (2.4 km 2) où elle fera habiter les esclaves qu’elle aura réussi à libérer. Nanny Town occupait une position stratégique car sa situation permettait de repérer les ennemis à une haute altitude, ce qui rendait toute embuscade britannique impossible. En effet, la ville était située sur une crête où à 900-pieds se trouvait un précipice, et le long du précipice, il y avait une voie étroite qui menait à la ville, c’est là que Nanny avaient installé ses gardes à des points stratégiques.

Afin d’avertir ses guerriers guetteurs de tout danger imminent, Nanni faisait sonner sa fameuse corne appelée abeng. SAARTJIE BAARTMAN (LA VÉNUS NOIRE), EXHIBÉE COMME UNE BÊTE CURIEUSE DANS LES FOIRES ET LES SALONS D’ANGLETERRE ET DE FRANCE Vendue à un marin anglais, elle arrive en Europe en 1810. Pendant cinq ans, Saartjie Baartman (La vénus noire) a été exhibée comme une bête curieuse dans les foires et les salons d’Angleterre et de France où des milliers de badauds venaient voir le sexe, les seins et les fesses protubérants de celle qu’on appelait la vénus Hottentote. Elle se faisait tâter, violer et toucher avec des parapluies et autres objets pointus. Elle fut examinée par un zoologue (cuvier) à Paris qui la rangea dans son Livre l’histoire naturelle des mammifères. Livre, censé regrouper des animaux vivants.

A sa mort , un des plus grands naturalistes français, disséqua son corps, son cerveau et ses organes génitaux furent conservés dans du formol. Son corps est moulé et exposé pendant un siècle au musée de l’Homme de Paris.Le seul péché de Saartjie Baartman fut celui d’avoir eu des formes généreuses comme toutes les belles femmes noires. ANARCHA WESTCOTT L’ESCLAVE COBAYE : PREMIÈRE FEMME QUI A SUBI LA CÉSARIENNE. Elle était une Américaine asservie qui a subi une série de procédures chirurgicales expérimentales de J. Marion Sims pour traiter une combinaison de fistule vésico – vaginale et de fistule rectovaginale .

Elle a été la première patiente à subir ces interventions, qui sont devenues importantes pour l’avancement de la chirurgie gynécologique, produisant le premier traitement pour ces affections. Ils ont également été controversés en raison du fait que Westcott était une esclave et a été opéré sans anesthésie. Le spéculum doit son existence aux douleurs des femmes noires et aux tortures du Dr J Marion Sims. Les amazones du DahomeyEn 1851, Seh-Dong-Hong-Beh est la cheffe du régiment des Minos qui, fort de 6000 recrues, représente un tiers de l’armée.

Elle dirige son armée entièrement féminine, armée de lances, de flèches et d’épées, lors d’un assaut contre la forteresse Egba de Abeokuta. Beaucoup périront lors du combat. Malgré le fait que l’armée Dahomey était seulement armée de fusils alors que les Français avaient des machines revolvers, et des canons, les Amazones qui ont attaqué quand les troupes françaises tentaient de traverser une rivière, leur ont infligé de nombreuses victimes. Elles se sont engagées dans des combats corps à corps avec les survivants, forçant éventuellement l’armée française à prendre la fuite.

Des jours plus tard les Français trouvèrent un pont, ils traversèrent la rivière et vaincurent l’armée Dahomey après une bataille féroce. Les Amazones ont préféré brûler les champs, les villages, et les cités plutôt que de les laisser aux mains des Français. LES FEMMES DE NDER ,ce Mardi 07 mars 1820, à Nder, capitale du Royaume du Waalo, des femmes ont consenti le sacrifice ultime pour leur patrie, au nom de l’honneur, de la dignité et de la liberté.

Ce jour-là, les principaux dignitaires du Royaume étaient à Saint-Louis, en compagnie du Brack (titre donné au roi) qui devait faire soigner une blessure à la suite d’une attaque survenue le 21 septembre 1819. Ce mardi-là, journée de labeurs, les hommes, dans une dynamique unitaire, ont tous déserté le village de Nder pour aller à l’assaut des travaux champêtres afin de satisfaire la plénitude de la vie de leurs familles. Mais en l’absence de tous ces hommes, les maures du Nord, fils de l’au-delà du Fleuve, dans un élan d’une lâcheté inouïe, ont envahi les femmes du Walo, solitaires et fragiles, juste pour les soumettre en esclaves.

Surpris par la forte riposte des femmes déguisées en hommes, les assaillants se replient. Les femmes crient victoire trop tôt et en ôtant leurs turbans, elles dévoilent alors leur féminité provoquant ainsi un sursaut d’orgueil mâle chez les assaillants. « Femmes de Nder ! Dignes filles du Walo ! Redressez-vous et renouez vos pagnes! Préparons-nous à mourir ! Femmes de Nder, devons-nous toujours reculer devant les envahisseurs ? Nos hommes sont loin, ils n’entendent pas nos cris. Nos enfants sont en sûreté. Yalla le tout puissant saura les préserver. Mais nous, pauvres femmes, que pouvons-nous contre ces ennemis sans pitié qui ne tarderont pas à reprendre l’attaque ? »« Où pourrions-nous nous cacher sans qu’ils nous découvrent ? Nous serons capturées comme le furent nos mères et nos grands-mères avant nous. Nous serons traînées de l’autre côté du fleuve et vendues comme esclaves. Est-ce là un sort digne de nous ? »

Ce mardi-là, à Linguère, Fatim Yamar Khouryaye Mbodj qui avait organisé la résistance, s’immola par le feu, ainsi que plusieurs de ses compagnes, préférant la mort au déshonneur. Elle avait toutefois pris soin de faire évacuer ses deux filles, Ndjeumbeut et Ndaté Yalla, et qui ont fini par gouverner le Waalo dans le seul souci de préserver les intérêts de leur royaume. La mort ! A ce mot, fusa une sourde exclamation. « La mort ! Que dis-tu, Mbarka Dia « Oui mes sœurs. Nous devons mourir en femmes libres, et non vivre en esclaves. Que celles qui sont d’accord me suivent dans la grande case du conseil des Sages. Nous y entrerons toutes et nous y mettrons le feu… C’est la fumée de nos cendres qui accueillera nos ennemis. Debout mes sœurs ! Puisqu’il n’y a d’autre issue, mourrons en dignes femmes du Walo ! »

LINGUÈRE COUMBA DAGA MBODJ La linguère Coumba Daga Mbodj mère du roi Guédel Mbodj du Saloum préféra se faire tuer plutôt que de passer sous le joug de l’ennemi ( les djihadistes) Saer Maty Ba ( Almamy du Nioro du Rip ) s’était rendu à thiofak pendant l’absence de Guédel Mbodj le roi du Saloum et avait mis en feu le village . La linguère Coumba Daga préféra se faire tuer plutôt que de passer sous le joug de l’ennemi. Les Djihadistes du Rip emportèrent tout ce qui était à leur portée: les hommes , les femmes et leurs biens. C’est ce qui permit à Saer Maty d’épouser la princesse Diouka .LA REINE ALINE SITOÉ DIATTA LIBÉRATRICE DE SON PEUPLEEn 1941, à Dakar, Aline entend une voix lui demandant de rentrer à Casamance pour organiser la lutte contre les colons et libérer le Sénégal ; si elle manque à ce devoir, elle en subira les conséquences.

L’histoire raconte que la jeune femme, n’ayant pas obéi à la voix, se serait réveillée paralysée quatre jours. Ramenée en Casamance, elle aurait immédiatement recouvert sa mobilité mais en aurait gardé des séquelles à travers notamment un boitement persistant. De retour chez elle, Aline Sitoé Diatta entraîne son peuple dans un mouvement de désobéissance civile. Elle encourage chacun à refuser de payer l’impôt, à abandonner la culture des arachides voulue par les Français au profit de celle du riz, à refuser de s’enrôler dans l’armée française, à rejeter la culture du colon ; à désobéir, de toutes les manières possibles.

Elle lance ses appels aux villages proches, et les engage à propager le message. Se disant porteuse d’un message divin, Aline prône un retour aux sources, réhabilite d’anciennes coutumes et prières et en instaure de nouvelles. Elle gagne une réputation de prêtresse et de prophétesse. On la dit capable de miracles, comme de faire tomber la pluie ou de guérir des malades. Son message se propage avec sa réputation, et des délégations des villages alentours viennent la rencontrer. Son audience devient telle qu’Aline aurait même été sacrée reine de Casamance.

Affaibli par la défaite de la Deuxième guerre mondiale et devant l’influence grandissante d’Aline Sitoé Diatta et le mouvement de désobéissance qu’elle génère, l’administration coloniale commence à s’inquiéter. Considérée dangereuse, Aline est décrétée rebelle et insoumise. Les soldats français viennent l’arrêter alors qu’elle est en période de menstruation, tenue selon la règle diola de quitter son domicile pour dormir dans un lieu réservé. Pensant qu’elle a fui, les soldats ouvrent le feu et tuent une femme qu’ils prennent pour leur cible. Le lendemain, voulant éviter la mort d’un nouvel innocent, Aline se rend d’elle-même aux colons. Elle est arrêtée, avec son mari, en mai 1943. Jugée, elle est condamnée à la déportation et emprisonnée au Sénégal, en Gambie, au Mali.

Aline Sitoé Diatta meurt en 1944 dans sa prison à Tombouctou, au Mali, d’un scorbut vraisemblablement contracté à la suite de privations et de mauvais traitements. Âgée d’environ vingt-quatre ans, la jeune femme reste une figure emblématique de la résistance de Casamance à l’autorité coloniale. PS : Dans l’équilibre de la société traditionnelle Africaine, ce sont des codes en relation avec la femme, qui militent en faveur de l’équilibre social (cohésion sociale). Pour autant que les femmes sont effacées et ne prennent pas officiellement la parole, leur force repose sur certains attributs parmi lesquels on peut citer : 1-Le silence, la discrétion et les capacités mystiques héritées .2-L’effacement c’est à dire le caractère informel de ses initiatives. 3-L’engagement et la détermination à réussir quand elle se sent menacée. 4-La capacité de communication, d’interpénétration et d’adaptation à toutes les situations. 5- Elle a confiance rapidement, ne doute de rien, ne craint rien, la facilité d’échanges d’informations qui se font autour des puits et sur les pistes des marchés.

Le sixième sens « Elle sait comprendre, imaginer, susciter, et refuser. Son refus est gentil, car elle a le souci de préserver des relations paisibles. Elle refuse et crée l’espoir de ne pas vexer. Dans la tradition africaine, la femme est considérée comme facteur essentiel de paix. Ensuite, la tradition dit que la femme c’est la sécurité, car elle est au début et à la fin de tout processus. Respectons nos femmes et mères africaines rurales car de toutes les femmes du monde ce sont elles qui dynamisent la vie de leur unité traditionnelle. Elles assurent la survie de leur communauté en accomplissant parfois des tâches herculéennes qui sont du ressort des hommes.

Avec l’historien Sobel DIONE

N'diawar Diop

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